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Cour Pénale Internationale : Un verdict, et après…

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10 ans de juridiction pĂ©nale internationale et un bilan plus que mitigĂ©. Entre symbole et rĂ©alitĂ©, la Cour pĂ©nale internationale peine Ă  assoir sa crĂ©dibilitĂ©. Le premier verdict rendu par la Cour en mars 2012 marque-t-il  le dĂ©but d’un nouveau souffle pour la juridiction pĂ©nale internationale ?   Par Mathilde Ronez

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Victoire du PJD, le changement par la stabilité

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Par Brahim Fassi Fihri, Président de l'Institut Amadeus

Les élections législatives du 25 novembre dernier marqueront indéniablement l’Histoire récente de notre pays. Loin d’être uniquement le premier rendez-vous électoral de la nouvelle ère constitutionnelle, cette échéance représente incontestablement une rupture dans la vie politique et institutionnelle du Royaume. Les observateurs et les analystes politiques sauront apprécier cette nouvelle évolution du processus de consolidation démocratique du Maroc moderne.

Cette nouvelle phase est porteuse de nombreux espoirs pour l’ensemble des dĂ©mocrates dans notre pays. La victoire du PJD,  il n’en dĂ©plaise aux « modernistes Â», est assurĂ©ment le gage d’un renforcement dĂ©mocratique. Le vent d’espoir perceptible dans la sociĂ©tĂ© marocaine depuis la proclamation des rĂ©sultats, n’est pas le fruit d’une « radicalisation Â» ou d’un conservatisme latent, il est plutĂ´t caractĂ©risĂ© par un phĂ©nomène auquel les marocains n’étaient pas (ou plus) habituĂ©s : le changement par les urnes est aujourd’hui possible. Les marocains avaient soif d’alternance, ils l’ont très clairement exprimĂ© et ils ont Ă©tĂ© Ă©coutĂ©s !  Le 25 novembre a bouleversĂ© les paradigmes poussiĂ©reux et obsolètes en Ă©tant la première Ă©tape de la rĂ©conciliation des marocains avec leurs politiques.

Les lectures des rĂ©sultats de ce scrutin sont nombreuses et riches en enseignements. Il est tout d’abord essentiel d’insister sur le fait que ces Ă©lections se sont dĂ©roulĂ©es dans un climat gĂ©nĂ©ral de transparence, saluĂ© par l'ensemble des partis et par les 4000 observateurs nationaux et internationaux. Ces derniers ont Ă©galement soulignĂ© qu'il n'y a eu, Ă  aucun moment, intervention ou influence de l'appareil d'Etat, dans le bon dĂ©roulement du vote et dans l’opĂ©ration de comptage des voix. La neutralitĂ© de l’ Â« administration Â» a donc fini de crĂ©dibiliser les promesses de rĂ©formes politiques portĂ©es par la nouvelle Constitution.

Raz-de-marée

benkiraneroimarocIl est ensuite essentiel de souligner que le taux de participation en baisse permanente depuis les élections de 1997 a connu un rebond significatif. Passée de 37% en 2007 à 45,40%, en 2011, la participation peut être qualifiée d’encourageante, malgré le niveau décevant de la campagne électorale et de l’offre politique. Qualifié par de nombreux observateurs comme étant l’enjeu principal des élections, le taux de participation a sans doute été relégué à une simple donnée par les résultats et l’ampleur de la large victoire (nous pouvons parler de raz-de-marée) du PJD et ses 107 députés.

Les Ă©lecteurs se sont en effet prononcĂ©s avec force en faveur de l'alternance politique. Dans  un contexte national et rĂ©gional fortement marquĂ© par les Printemps Arabes, le PJD est le seul facteur exprimant la dualitĂ© changement/stabilitĂ© Ă  laquelle sont attachĂ©s les marocains. Le Roi Mohammed VI a Ă©tĂ© l’architecte des rĂ©formes engagĂ©es depuis le Discours du 9 mars, le PJD et le gouvernement Benkirane en seront les maitres d’œuvre.

En votant massivement pour le PJD, les marocains ont fait le choix de porter au pouvoir un parti vierge et sans passifs. Il ne s'agit pas d'un vote religieux ou idĂ©ologique mais plutĂ´t d'un souhait de voir plus d'Ă©thique et de bonne gouvernance dans la vie politique. Avant de voir leur gouvernants rĂ©pondre Ă  leurs aspirations, les marocains veulent que nouveautĂ© soit conjuguĂ©e avec  Les Ă©lecteurs rĂ©compensent Ă©galement le parti ayant rĂ©alisĂ© la meilleure campagne Ă©lectorale. Très prĂ©sents sur le terrain et sur les questions sociales, les dirigeants du parti, et notamment Abdelillah Benkirane, ont eu un discours direct et sans langue de bois, tranchant avec les dĂ©clarations assez consensuelles de leurs adversaires.  A noter aussi que le PJD est devenu un acteur aguerri  de la scène politique nationale du fait de son passĂ© "sĂ©rieux" dans les rangs de l'opposition pendant 15 ans. ConsidĂ©rĂ© comme "proche du peuple", il s'est toujours targuĂ© de porter la voix  de ce dernier au Parlement oĂą il est vrai que la rĂ©putation de ses Ă©lus comme hommes et femmes de dossiers n'est plus Ă  faire. Leurs suivis mĂ©ticuleux de l'ensemble des affaires du pays a ici payĂ©.

Le plĂ©biscite du PJD, ne doit pas nous faire oublier les autres partis, et notamment ceux qui seront amenĂ©s Ă  former la future coalition gouvernementale.  Le parti de l'Istiqlal, se maintient Ă  son niveau de 2007, malgrĂ© l'usure du pouvoir, et les campagnes politico-mĂ©diatiques orchestrĂ©es pour dĂ©crĂ©dibiliser ce parti. Avec 60 dĂ©putĂ©s, le parti de la balance dĂ©montre qu’il possède toujours une importante base Ă©lectorale. L’expĂ©rience gouvernementale de l’Istiqlal et sa proximitĂ© idĂ©ologique avec la PJD sera un atout considĂ©rable pour la prochaine majoritĂ©.

Echecs cuisants

L’autre fait marquant de ces Ă©lections, est sans conteste l'Ă©chec du "G8" (et du RNI) dans sa tentative de barrer la route au PJD. Cette alliance incongrue et contre-nature a certainement contribuĂ© Ă  crĂ©dibiliser davantage le PJD auprès des Ă©lecteurs. La diabolisation du PJD n'est pas une stratĂ©gie Ă©lectorale. MalgrĂ© le bilan globalement positif des ministres rnistes, l’importance des moyens mis Ă  la disposition des candidats dans la prĂ©paration de l’échĂ©ance Ă©lectorale, l’exubĂ©rance de certains cadres de ce parti et l’émergence d’un discours populiste dans les derniers jours de la campagne, ont fini de dĂ©crĂ©dibiliser un parti qui se voyait peut ĂŞtre un peu « trop beau Â»! Les marocains sont Ă  la recherche de lisibilitĂ© politique alors que le regroupement artificiel de l’Alliance pour la DĂ©mocratie a floutĂ© l'Ă©ventail politique.

Pour ses premières lĂ©gislatives le PAM rĂ©alise un rĂ©sultat honorable en devançant plusieurs partis historiques comme l’USFP et le Mouvement Populaire.  Le parti s’est dĂ©barrassĂ© d'une grande partie de ses "notables" (accueillis Ă  bras ouverts par le RNI) et a prĂ©sentĂ© des candidats aux profils intĂ©ressants. Le PAM devra dĂ©montrer dans l'opposition qu'il s'agit peut-ĂŞtre d’un parti viable et crĂ©dible. La victoire du PJD peut ĂŞtre une opportunitĂ© Ă  saisir pour le PAM, qui peut se muer en première force d'opposition Ă  la future majoritĂ©. A condition que cette opposition soit constructive et positive…

Les élections se suivent et se ressemblent pour l’USFP. Malgré l'élection de l'ensemble des candidats du bureau politique du parti de la rose, le poids électoral de l'USFP, en chute libre depuis 1997, est en contradiction avec son poids politique et historique. La probable alliance PJD-Koutla permettra-t-elle de relancer le parti (qui a plutôt besoin d'une cure d'opposition) ? La question reste ouverte…

Enfin, le Mouvement Populaire est probablement le plus grand perdant de ces élections. Troisième en 2007, il est 6eme en 2011! Le MP est le parti ayant le plus souffert de la création du PAM et de la mise en place du G8. L'approche consensuelle des leaders de ce parti, son passage de l'opposition à la majorité et la présence de plus en plus remarquée des autres formations politiques en milieu rural, démontrent que le positionnement global de ce parti historique est complètement à revoir. Le MP jouera sa crédibilité au sein de la majorité.

Euphorie mais vigilance

La nouvelle Constitution a ouvert un nouveau chapitre de la vie institutionnelle de notre pays. Les élections du 25 novembre ont plongé le pays dans une certaine euphorie, qui ne doit pas nous faire oublier les nombreux enjeux de la prochaine législature. Le gouvernement Benkirane, héritera d’une situation socio-économique difficile dans un contexte international largement fragilisé. L’état des finances et de la dette public est alarmant. Le taux de chômage des jeunes de moins de 35 ans est important. Le système éducatif public ne forme pas et n’offre que très peu de débouchés. L’insécurité dans les zones urbaines et de plus en plus importante. La compétitivité du Maroc sera mise à mal par la crise de l’Euro. Et le tourisme doit être relancé. Le prochain gouvernement aura également la tâche de présenter plusieurs lois organiques, dont dépend la mise en application de plusieurs articles de la prochaine Constitution.

Nous entrons dans une phase très excitante pour les observateurs politiques que nous sommes. Il incombe à tous les marocains de soutenir et d’appuyer la prochaine équipe dans sa lourde tâche en lui accordant un délai raisonnable, tout en restant vigilants en lui interdisant la mise en péril des acquis et des libertés individuelles. Le bilan de la première alternance est très largement mitigé, la seconde alternance a créé une telle vague d’espoirs que son échec ne peut être permis.

Je voudrais conclure en citant l’ancien PrĂ©sident du PĂ©rou Alejandro Toledo, qui a affirmĂ© lors des MEDays 2011, « qu’il ne suffit pas d’être Ă©lus comme des dĂ©mocrates, mais qu’il faut gouverner comme des dĂ©mocrates» !

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