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Crise iranienne : entre risques de paix et chances de guerre

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Crise iranienne : entre risques de paix et chances de guerre
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La question nucléaire iranienne occupe aujourd’hui une place prépondérante au sein des préoccupations de la communauté internationale.

Par Amine Amara, Coordinateur Recherches au sein de l'Institut Amadeus

La possession par la République islamique de la bombe nucléaire pourrait inébranlablement changer la donne dans une région qui ne manque déjà pas de conflits et de crises.Ainsi confortée dans ses démarches, Téhéran serait plus à même de poursuivre ses objectifs d’hégémonie régionale, et ce, avec davantage de conviction et de ressources.

La crise autour du programme nucléaire iranien devrait selon toute vraisemblance s’aggraver encore. La stratégie d’accompa­gner le jeu diplomatique par une multipli­cation des sanctions ne tient plus et ses ef­fets sont au mieux très limités. Les rappels à l’ordre onusiens non plus ne sont pas pris au sérieux par un Iran très convaincu non seulement de sa capacité à accéder au seuil nucléaire1 mais surtout de son devoir de le faire. L’efficacité d’une action mili­taire prenant la forme de frappes chirur­gicales est largement entamée au vu de la complexité de la réalité stratégique et opératoire du théâtre des opérations. Une juxtaposition des réponses suppose avant tout une diplomatie très créative surtout de la part des Etats-Unis et d’Israël.

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La dimension géo-historique

Afin de saisir les marges de manœuvre dont dispose Téhéran dans le contexte actuel, il est essentiel de comprendre le contexte régional du pays. L’Iran est géo­graphiquement encerclé par des zones conflictuelles, et ce d’autant que sa com­position ethnique et culturelle l’expose à toutes les crises qui touchent ses voisins. Les Baloutches, Azéris, Kurdes, Arabes et Turkmènes qui composent les minori­tés cohabitent avec la majorité Chiite qui constitue une minorité dans tous les pays voisins. D’ailleurs les relations toujours tendues, avec les voisins arabes ne sont pas prêtes à s’améliorer, les pays du Conseil de Coopérations des pays du Golfe (CCG) voient d’un très mauvais oeil la course ira­nienne à la capacité nucléaire. Or l’Iran n’est pas seulement un pays encerclé géo­graphiquement : il est complétement cer­né militairement (sur le papier du moins). Les Etats-Unis sont aujourd’hui présents militairement dans tout le contour iranien, de l’Arabie Saoudite, à la Turquie, en pas­sant par le Pakistan et ce sans parler des Vème et VIème flotte, ce qui ajoute la question de la forte influence américaine dans toute la région, couplé bien sûr aux grandes différences idéologiques et théo­logiques importantes, sur lesquelles Téhé­ran est particulièrement ferme. D’ailleurs une grande partie de l’opinion publique iranienne est complétement allergique à l’ingérence des puissances occidentales dans les affaires internes de leur pays. Car depuis l’avènement de la révolution isla­mique qui secoua l’Iran du Shah en 1978 et la crise des otages de l’ambassade Amé­ricaine, Washington se refuse à toute nor­malisation de ses relations avec le régime des Ayatollah. Les Etats-Unis appliquent sur l’Iran et ce depuis l’administration Carter des sanctions économiques très sé­vères qui n’empê­chent cependant pas Téhéran de toujours les rené­gocier en s’appuyant sur sa méthode pré­férée : le chantage.

Durant la première guerre du Golfe (on oublie souvent dans les ma­nuels d’Histoire de la décrire comme tel) de 1980 à 1988, l’Irak fut grandement soutenu par les puissance occidentales et en premier lieu la France et les Etats-Unis en quête d’un affaiblissement de la ré­publique islamique, qui au demeurant se voulait rapide, cependant ni les Français ni les Américains, ni les Irakiens d’ailleurs n’ont pu arriver à épuiser complétement la machine de guerre iranienne largement soutenue par la Russie et la Chine.



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