Crise iranienne : entre risques de paix et chances de guerre
| Article Index |
|---|
| Crise iranienne : entre risques de paix et chances de guerre |
| Page 2 |
| Page 3 |
| Page 4 |
| All Pages |
La question nucléaire iranienne occupe aujourd’hui une place prépondérante au sein des préoccupations de la communauté internationale.
Par Amine Amara, Coordinateur Recherches au sein de l'Institut Amadeus
La possession par la République islamique de la bombe nucléaire pourrait inébranlablement changer la donne dans une région qui ne manque déjà pas de conflits et de crises.Ainsi confortée dans ses démarches, Téhéran serait plus à même de poursuivre ses objectifs d’hégémonie régionale, et ce, avec davantage de conviction et de ressources.
La crise autour du programme nuclĂ©aire iranien devrait selon toute vraisemblance s’aggraver encore. La stratĂ©gie d’accompaÂgner le jeu diplomatique par une multipliÂcation des sanctions ne tient plus et ses efÂfets sont au mieux très limitĂ©s. Les rappels Ă l’ordre onusiens non plus ne sont pas pris au sĂ©rieux par un Iran très convaincu non seulement de sa capacitĂ© Ă accĂ©der au seuil nuclĂ©aire1 mais surtout de son devoir de le faire. L’efficacitĂ© d’une action miliÂtaire prenant la forme de frappes chirurÂgicales est largement entamĂ©e au vu de la complexitĂ© de la rĂ©alitĂ© stratĂ©gique et opĂ©ratoire du théâtre des opĂ©rations. Une juxtaposition des rĂ©ponses suppose avant tout une diplomatie très crĂ©ative surtout de la part des Etats-Unis et d’IsraĂ«l.

La dimension géo-historique
Afin de saisir les marges de manĹ“uvre dont dispose TĂ©hĂ©ran dans le contexte actuel, il est essentiel de comprendre le contexte rĂ©gional du pays. L’Iran est gĂ©oÂgraphiquement encerclĂ© par des zones conflictuelles, et ce d’autant que sa comÂposition ethnique et culturelle l’expose Ă toutes les crises qui touchent ses voisins. Les Baloutches, AzĂ©ris, Kurdes, Arabes et Turkmènes qui composent les minoriÂtĂ©s cohabitent avec la majoritĂ© Chiite qui constitue une minoritĂ© dans tous les pays voisins. D’ailleurs les relations toujours tendues, avec les voisins arabes ne sont pas prĂŞtes Ă s’amĂ©liorer, les pays du Conseil de CoopĂ©rations des pays du Golfe (CCG) voient d’un très mauvais oeil la course iraÂnienne Ă la capacitĂ© nuclĂ©aire. Or l’Iran n’est pas seulement un pays encerclĂ© gĂ©oÂgraphiquement : il est complĂ©tement cerÂnĂ© militairement (sur le papier du moins). Les Etats-Unis sont aujourd’hui prĂ©sents militairement dans tout le contour iranien, de l’Arabie Saoudite, Ă la Turquie, en pasÂsant par le Pakistan et ce sans parler des Vème et VIème flotte, ce qui ajoute la question de la forte influence amĂ©ricaine dans toute la rĂ©gion, couplĂ© bien sĂ»r aux grandes diffĂ©rences idĂ©ologiques et thĂ©oÂlogiques importantes, sur lesquelles TĂ©hĂ©Âran est particulièrement ferme. D’ailleurs une grande partie de l’opinion publique iranienne est complĂ©tement allergique Ă l’ingĂ©rence des puissances occidentales dans les affaires internes de leur pays. Car depuis l’avènement de la rĂ©volution islaÂmique qui secoua l’Iran du Shah en 1978 et la crise des otages de l’ambassade AmĂ©Âricaine, Washington se refuse Ă toute norÂmalisation de ses relations avec le rĂ©gime des Ayatollah. Les Etats-Unis appliquent sur l’Iran et ce depuis l’administration Carter des sanctions Ă©conomiques très sĂ©Âvères qui n’empĂŞÂchent cependant pas TĂ©hĂ©ran de toujours les renĂ©Âgocier en s’appuyant sur sa mĂ©thode prĂ©ÂfĂ©rĂ©e : le chantage.
Durant la première guerre du Golfe (on oublie souvent dans les maÂnuels d’Histoire de la dĂ©crire comme tel) de 1980 Ă 1988, l’Irak fut grandement soutenu par les puissance occidentales et en premier lieu la France et les Etats-Unis en quĂŞte d’un affaiblissement de la rĂ©Âpublique islamique, qui au demeurant se voulait rapide, cependant ni les Français ni les AmĂ©ricains, ni les Irakiens d’ailleurs n’ont pu arriver Ă Ă©puiser complĂ©tement la machine de guerre iranienne largement soutenue par la Russie et la Chine.



