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Emerging Africa : Comment pérenniser le rôle croissant du continent dans l’échiquier mondial ?

Il y a à peine une vingtaine d’années, l’Afrique était dépeinte par tous avec pessimisme, comme un continent sans espoir, meurtri par les guerres, la sécheresse, la pauvreté extrême et le manque de perspectives économiques. Récemment cet afro-pessimisme semble avoir laissé place à un afro-optimisme naissant. Et pour cause, depuis plus d’une décennie, les indicateurs de croissance en Afrique sont au vert et le continent n’a de cesse d’attirer les convoitises.

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MEDays en a vu d’autres !

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Je voudrais commencer mes propos par démentir vigoureusement les informations, ou plutôt les « fake news », parues ces derniers jours dans certains médias évoquant la fin du Forum MEDays, suite à l’arrêt d’une supposée subvention du ministère des affaires étrangères d’un montant farfelu exprimé en dizaine de millions de dirhams. Excusez du peu ! Evoquer une somme en dizaine de millions de dirhams relève du pur fantasme ! Le Ministre des affaires étrangères et son ministère, connus et reconnus pour leur sérieux et leur crédibilité, ont également démenti cette information dans deux supports électroniques, l’un francophone et l’autre arabophone. Pourtant, plusieurs médias préfèrent attiser et nourrir la polémique, en continuant à diffuser « ces fakes news », plutôt que de mettre en avant ces démentis, qui, de fait, auraient dû mettre fin à un acharnement médiatique insensé.

MEDays en a vu d’autres !

Qu’on se le dise, l’existence, la viabilité et la pérennité des MEDays, Forum qui, dans son propre ADN assume être au service de la diplomatie Royale, n’est absolument pas tributaire du ministère des affaires étrangères. Il ne l’a même jamais été. Je tiens à remercier, une nouvelle fois et très humblement, SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, pour Son Soutien permanent à cette initiative, renouvelé à chaque édition depuis son lancement en 2008. C’est ce Soutien Royal, source de ma plus grande fierté, qui a permis aux MEDays d’attirer, d’année en année, de nombreux décideurs internationaux et d’intégrer ainsi le cercle très fermé des conférences internationales de premier plan.

Je m’interroge sur le timing et l’objectif de la parution de ces « fake news ». Est-ce pour décrédibiliser les MEDays qui ont démontré incontestablement leur utilité pour le Maroc et pour l’Afrique ? Serait-ce une campagne orchestrée par des structures nationales portant et subventionnant des évènements n’ayant pas pu ou su, malgré leurs importants moyens, s’imposer, contrairement aux MEDays, comme des manifestations internationales de premier plan ? Est-ce, là encore, une veine tentative, pour certains spécialistes, coutumiers du fait, de taper sur ce qui fonctionne ? Sur ce qui réussit ? Parce que ce qui réussit dérange ? Oui, au risque, une nouvelle fois, de déplaire à ceux qui ont fait du nihilisme et du mensonge un fonds de commerce ou une véritable profession de foi, l’aventure des MEDays est une véritable réussite ! Les faits le démontrent.

Venons-en aux faits justement. Peut-on contester qu’en 10 ans, l’Institut Amadeus, association indépendante et à but non lucratif, a su installer une conférence, « africanocentrée », 100% marocaine et « non-importée », dans l’agenda internationale des grands forums ? Peut-on nier que MEDays soit la seule conférence internationale de haut niveau organisée en Afrique et dans le Monde Arabe complètement ouverte au public, qui soit fière de réunir des profils de tous types, allant du Chef d’Etat à l’étudiant ? Peut-on remettre en question le fait que MEDays traite chaque année, en présence d’acteurs politiques et d’experts de dimension mondiale, d’un éventail de thématiques et de sujets d’actualités rarement abordés au Maroc ? Peut-on contester qu’en 10 ans l’Institut Amadeus a créé, entretenu et développé – sans faire appel à aucune structure ou institution étrangère – un réseau exceptionnel de personnalités internationales de premier plan ? Peut-on démentir le rôle joué par les MEDays en faveur du rapprochement entre le Maroc et plusieurs pays, notamment africains ? Peut-on nier que MEDays est une plateforme assumée de promotion et de mise en exergue de l’Action et des Initiatives Royales, tout en permettant à la ville de Tanger et à sa Région de rayonner sur le plan international ? Enfin, comment peut-on questionner l’utilité des MEDays, alors que ce Forum reçoit régulièrement des Chefs d’Etats et de gouvernements et de hauts responsables étrangers ? Peut-on en effet déplacer jusqu’à Tanger Paul Kagamé ou Alpha Condé, l’année où il préside l’Union Africaine, sans que leur participation aux MEDays n’ait une quelconque utilité, pour eux-mêmes d’abord et pour le Maroc ensuite ?

Je note que les grands Forum internationaux aux retombées comparables à celles des MEDays, comme la Munich Security Conférence, le BOAO Forum, le Forum de St Petersburg, la MED Conference de Rome, le Forum d’Istanbul, le Forum de Beni Yas, le Forum de Doha, le Manama Dialogue, la Conférence de Dakar ou encore le Forum Africa 2017 de Charm el-Cheikh, sont directement portés, organisés et promus par les gouvernements des pays qui les accueillent. MEDays, issue d’une initiative privée, donc non-gouvernementale, est en cela très atypique.

En quelques chiffres, l’édition 2017 du Forum MEDays a réuni à Tanger 156 intervenants de haut niveau, des hauts responsables gouvernementaux et décideurs économiques, venus de près de 70 pays. Le Forum MEDays 2017, l’un des seuls évènements internationaux de ce niveau intégralement ouvert au public, a rassemblé plus de 4300 participants sur les 4 jours (record des 10 éditions), dont près de 2000 étudiants et 140 journalistes nationaux et étrangers. Le « hashtag #MEDays », les messages et les liens d’articles traitant du Forum ont suscité plus de 25 000 interactions sur les réseaux sociaux.

Ces résultats ne peuvent pas être le fruit du hasard mais bel et bien d’un travail acharné, sans relâche et de tous les instants, d’une équipe dévouée que je suis fier de diriger. En dix années, j’ai eu le plaisir de travailler avec plus de 150 collaborateurs, dont la moyenne d’âge n’excède pas la trentaine, du Maroc bien sûr mais aussi de diverses origines. Le succès des MEDays est leur succès. Il y a eu quelques erreurs, quelques couacs, comment peut-il en être autrement lorsqu’on organise pendant 10 ans un évènement de cette dimension, mais dans l’ensemble je ne peux qu’être fier et heureux d’avoir créé un Forum marocain pérenne axé sur les préoccupations des pays du Sud. J’ai pu moi-même constater, lors de déplacements en Afrique, la notoriété du Forum MEDays, considéré par les observateurs africains comme le « Davos » du continent.

Il y a près de 10 ans, alors que je répondais à un journaliste d’un média arabophone, aujourd’hui disparu, me posant une question sur les « budgets pharamineux » dont l’Institut Amadeus était déjà injustement accusé de disposer, je faisais le constat suivant : « Quoi que je fasse, quelles que soit les personnalités qui participent à mes évènements, quelles que soit la pertinence de nos publications et de nos recommandations, et même si dans 10 ans Amadeus devient l’un des principaux Think Tanks dans la région, vous continuerez toujours à me reprocher quelque chose. Je ne serai jamais légitime à vos yeux. J’y suis préparé. J’ai créé Amadeus et MEDays parce que je pense que le Maroc à tous les atouts pour avoir son « Davos du Sud ». C’est ma conviction et ce pourquoi je me bats ».

Si 10 ans plus tard, je n’ai toujours pas de problème vis-à-vis de certains irréductibles qui continuent à questionner ma légitimité, je refuse catégoriquement qu’on caricature ou qu’on vilipende les MEDays, tant le bilan du Forum et la notoriété de la marque « MEDays » sont incontestables. A ces mêmes irréductibles, adepte de la personnalisation à outrance, je voudrais rappeler que si les personnes sont de passage, les institutions restent ! Oui, MEDays est et restera une institution tangéroise, marocaine et africaine. Depuis 10 ans, chaque année ou presque, on promet l’apocalypse aux MEDays. Pourtant voyez le résultat ! MEDays en a vu et en verra d’autres, à commencer par une 11eme édition, pleine d’innovation, en novembre prochain Inchallah !

Brahim Fassi Fihri
Président fondateur de l’Institut Amadeus

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