Le Projet d’Autonomie du Sahara marocain
Jeudi 1er mars 2007, Ritz-Carlton Montréal
Comprendre le Maroc, pays ami et partenaire du Canada, c’est entre autre comprendre la question dite «Affaire du Sahara». Cette question en effet, n’a cessé d’empoisonner les chancelleries du monde entier de puis bientôt trente cinq ans, avec notamment pour conséquence, de ralentir un certain nombre de projets de développement, non seulement au Maroc mais aussi dans toute la région du Maghreb, du Sahel et du Bassin méditerranéen. Souvent, dans l’approche diplomatique de la question, les sentiments ont prévalu sur la raison ; de ce fait, de nombreuses démarches – notamment au niveau de l’ONU – pour résoudre la situation de tension conflictuelle qui prévaut dans la région depuis 1974.
Une nouvelle initiative vient de se faire jour ; à l’initiative de Rabat, un projet de nature à régler la situation est en cours d’élaboration qui devra être soumis au Conseil de sécurité de l’ONU le 30 avril prochain. Ce projet était au centre d’une conférence donnée à Montréal le 1er mars écoulé par M.Hassan Abouyoub, ambassadeur itinérant de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Tranche d’Histoire
Devant une salle comble, réunissant quelques 350 personnes d'une quinzaine de nationalités différentes, M. Abouyoub a d'emblée déclaré que " Pour comprendre l'affaire du Sahara, il faut d'abord connaître le Maroc qui est l'un des plus anciens Etats au monde, l'une des plus anciennes monarchies au monde également ; il faut également connaître sa quête séculaire d'une gouvernance dont le fondement institutionnel est une allégeance contractuelle entre le Roi et le peuple qui fait du Souverain, Commandeur des croyant, le garant de l'unité du pays. Ces fondements institutionnels n'ont jamais été remis en question malgré les péripéties de l'Histoire. Le Maroc a ainsi eu à affronter toutes formes de vicissitudes, y compris des phases d'instabilité par le biais desquelles le colonialisme a pris pied au Maroc dans des formes qui sont incontestablement à l'origine du conflit du Sahara
Avant de présenter la chronologie du conflit, a ajouté l'ambassadeur itinérant de Sa Majesté le Roi, il convient de mettre un accent particulier sur un point essentiel : jamais, tout au long du processus, le Maroc n'a enfreint la légalité internationale. Dès son Indépendance (en 1956), notre pays a mis sur la table des revendications précises concernant son intégrité territoriale.
Jusqu'en 1975 et l'arrêt de la Cour Internationale de Justice de La Haye, le Maroc a scrupuleusement observé le règles internationales en ce qui concerne les territoires dits non-autonomes.
On remarquera aussi que jusqu'à cette date, il n'y a nulle trace dans les archives internationales de l'existence d'un peuple sahraoui ou d'une requête pour l'indépendance de ce territoire.
Ce n'est qu'à partir de 1976, après la création de la pseudo « Rasd », que la situation a dérivé vers un conflit dans lequel les positions allaient vers l'impasse ".
Un projet concerté au niveau international
Après ce préambule explicatif, rendu nécessaire par la composition d'un auditoire regroupant jeunes et moins jeunes, Canadiens et Québécois pour la plupart, mais également originaires du Maroc, de Mauritanie, de Tunisie, d'Algérie, du Mali, de France ou d'Espagne ; M. Abouyoub a abordé le projet d'autonomie proprement dit. " La proposition qui est en train d'être construite, a dit l'ambassadeur itinérant, a traversé plusieurs étapes. En premier lieu, un processus qui a duré seize mois et au cours duquel partis politiques et société civile – y compris locale - ont été consultés pour aboutir à une offre revêtue du sceau de la légitimité interne. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a ensuite voulu qu'un dialogue constructif destiné à enrichir la proposition marocaine, soit mené avec nos partenaires, pays membres du Conseil de Sécurité de l'ONU, pays intéressés de la région et partenaires stratégiques. Il s'agit là d'une démarche essentielle, car outre une légitimation internationale, elle permet de montrer que la proposition n'est pas seulement un exercice juridique conforme aux standard internationaux, mais plutôt une démarche globale, stratégique, offrant des garanties en matière de droits collectifs, favorable à la réémergence du Maghreb, tenant compte aussi de problèmes géostratégiques, de contraintes nouvelles et des menaces réelles, patentes, qui planent sur une région allant de la Mer Rouge à l'Atlantique ".
Pour résoudre définitivement la question
Dans cet effort fourni par le Maroc pour répondre à une demande telle qu'elle émane des dernières résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, a poursuivi M. Abouyoub, le Maroc a voulu aussi, d'une certaine manière, offrir une solution qui évite les enlisements du passé. Fort de la légitimation interne et de l'adhésion populaire au projet, notre pays est disposé à ouvrir un dialogue constructif, loyal, sans arrières pensées, avec tous les Etats de la région et avec toutes les personnes concernées ou qu'elles se trouvent. Si ce dialogue venait à avoir lieu, ce serait la renaissance d'un grand espoir de voir enfin la mise en œuvre d'une solution définitive à un problème qui n'a que trop duré". Clarifiant l'idée de " solution définitive ", M. Abouyoub a déclaré (né du dialogue) " un accord politique faciliterait toute forme de mise en œuvre technique. Que cette mise en œuvre ait une forme référendaire ou non, nous n'avons pas de complexes à ce sujet et il existe d'ailleurs suffisamment d'exemples dans monde pour nous inspirer et permettre de mettre en place une solution qui soit inattaquable dans le futur ". " Cela permettra à une région sensible – le Maghreb et les pays subsahariens voisins, qui ont plus à gagner dans la coopération que dans la confrontation - de répondre aux défis sociaux dont dépend leur avenir ; cela permettra de faire face à des problèmes tels que cette émigration sauvage qui affecte aussi l'Europe" a conclu M. Abouyoub.





