Colloque International sur « l’Impact de l’Accord Open-Sky sur les secteurs aérien et touristique au Maroc »
Mercredi 2 Juillet 2008 – Hôtel Novotel Casablanca
Evaluer l'impact de l'Accord de l'open sky sur les secteurs aérien et touristique, tel était l'objectif, de l'Institut Amadeus et du Club Entreprendre, lors d’un colloque International organisée à Casablanca. Pour disséquer ce thème, les organisateurs ont fait appel à une belle brochette de politiques, professionnels et spécialistes de la question. La partie européenne a ainsi été représentée par Daniel Caleja Crespo, directeur du transport aérien à la Commission européenne, le gouvernement marocain par Karim Ghellab, ministre de l'Equipement et des transports et Abdelhanine Benallou, directeur de l'ONDA. Du côté des professionnels, étaient présents la compagnie nationale RAM, Jet4You, EasyJet, l'ONMT et la Fédération nationale du tourisme.
L’Accord Open, Sky, signé en décembre 2006 et vient parachever une politique de libéralisation du transport aérien entamée en 2004, a eu « des effets tangibles très importants avec la création, en 2007, de près de 150 vols hebdomadaires additionnels entre le Maroc et l'Europe », a-t-il souligné le ministre Ghellab.
Le trafic aérien global a enregistré une croissance de 17%, « la plus forte dans le monde enregistrée l'année dernière », alors que le nombre des passagers a pratiquement doublé entre 2003 et 2007 pour passer de 5,2 millions à 10,1 millions, a-t-il ajouté.
Cet accord, fruit d'une démarche pragmatique et ambitieuse du Maroc, constitue l'avancée la plus stratégique et la plus intégrante dans les relations entre le royaume et l'UE et un argument essentiel confortant la demande de Statut avancé introduite par le Maroc, a-t-il fait remarquer.
L'Open Sky, le premier du genre signé par l'UE avec un pays tiers et avant les Etats-Unis, représente une illustration concrète du degré de maturité du partenariat Maroc-UE, une avancée pionnière dans l'édification d'un espace aérien commun et la preuve tangible que le volontarisme politique peut vaincre tous les préjugés, a encore souligné M. Ghellab.
M. Brahim Fassi Fihri, Président de l’Institut Amadeus, a insisté sur le fait qu’il existait aujourd’hui, « un consensus européen sur la nécessité de répondre favorablement à la volonté du Maroc d’arriver à un statut avancé dans ses relations avec l’UE ». La tenue ce Colloque n’est pas anodine et revêt une importance politique particulière, puisqu’elle a lieu à quelques jours la 2eme réunion du groupe de travail Maroc-UE sur le Statut Avancé, a-t-il relevé.
Mme Latifa Akharbach, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a relevé, pour sa part, que cet accord constitue un jalon dans le cheminement du partenariat Maroc-UE et exprime la volonté d'arrimage de l'économie marocaine à l'espace européen.
Il constitue, en outre, le couronnement d'une démarche volontaire dont a fait preuve le Maroc qui a opté pour l'ouverture et un vecteur de promotion de la mobilité des personnes et des idées, a-t-elle ajouté.
De son côté, le directeur des Transports à la Commission Européenne, Daniel Calleja Crespo, a souligné que cet accord signé « avec un pays clé et stratégique » constitue un modèle.
Il prouve qu'il est possible d'aller plus loin dans le partenariat entre les deux parties, a-t-il ajouté, avant de souligner « qu'il est logique que le Maroc fasse partie du ciel européen ».
Calleja Crespo, devait par la suite sérier certains impacts positifs de l'Open Sky sur le Maroc aux niveaux de la multiplication des compagnies desservant le royaume (+ 12), de la croissance enregistrée au niveau des fréquences (+18%) ou encore de la création de nouvelles routes aériennes (+50).
Ce colloque a été une occasion pour nombres d'opérateurs du transport aérien et touristique de mettre en avant les répercussions de cet accord dans leurs domaines respectifs.
La croissance des arrivées touristiques, établie entre 2001 et 2003 à 4%, a été ramenée à 10% depuis l'entrée en vigueur de l'accord, indique-t-on du côté de l'Office national marocain du tourisme (ONMT) qui relève l'arrivée, avec les Low Coast, d'une nouvelle catégorie de clientèle, celle qui organise toute seule son voyage sans passer par les Tours Opérateurs (TO). La Royal Air Maroc (RAM) a pris les devants de la libéralisation du secteur aérien, en confortant son activité traditionnelle par le lancement d'une compagnie Low Coast « pour faire face à la concurrence », a confié une représentante de la compagnie nationale « qui a vu son trafic augmenter de 20% depuis 2004 ».
La compagnie table sur le transport de 10 millions de passagers en 2010, dont 30% par ses avions à bas prix et œuvre pour confirmer son positionnement de Hub vers l'Afrique (1 million de passagers).
Quelque 44 compagnies à bas prix devront desservir le Maroc à l'horizon 2010 contre 22 en 2003, indique un représentant du département des transports qui table sur 15,6 millions de passagers (contre 5,2 millions en 2003), le développement des fréquences à 1300 mouvements par semaine (contre 560) et le lancement de 100 nouvelles autres par an d'ici 2010.
Pour accompagner cette évolution, l'Office national des aéroports (ONDA) poursuivra le développement des infrastructures et des capacités d'accueil des passagers et des avions, sans oublier l'amélioration de la qualité des services rendus, souligné, pour sa part, le DG de l'office, M. Abdelhanine Benallou.
Pour sa part, M. Mekki Lahlou, Vice-Président de l’Institut Amadeus chargé de la stratégie et de la planification, a affirmé que l’Accord Open Sky permettait « un rapprochement général des législations entre les deux parties, autour notamment des éléments- clés de la réglementation européenne dans le domaine de l’aviation, y compris en matière de sécurité aérienne, de réglementation en matière de concurrence, de gestion du trafic aérien, de systèmes informatisés de réservation, de protection du consommateur, de protection de l’environnement et de dispositions sociales ».





