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Ghana, l'ascension continue...

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Les derniers MEDays  avaient été l’occasion de saluer via le Grand Prix le processus électoral mené au Sénégal à l’occasion des élections présidentielles de mai dernier. Il s’agissait surtout de mettre en lumière  la maturité  politique  des sénégalais.  Une leçon de démocratie qui aura permis de relever le challenge de réussir une seconde alternance après celle de 2000 et l’accession du Président Wade  à la fonction suprême après 40 ans de monopole du parti socialiste sénégalais incarné par Senghor puis Abdou Diouf.

Un autre pays mériterait aujourd’hui tout autant d’égards : le Ghana. Mis à l’épreuve lors des présidentielles de décembre dernier, particulièrement attendues suite au décès lors de son mandat du président Atta-Mills, le modèle  démocratique de ce pays d’Afrique de l’Ouest n’est sort plus que jamais renforcé.

Pionnier des pays ouest-africains ayant obtenu l’indépendance dès 1957 sous l’égide de celui qui est considéré comme le père de la Nation, Kwame Nkrumah, le Ghana cultive, suite à l’instauration du multipartisme en 1992, un statut d’ilot de stabilité exemplaire sur le continent.

Dans une sous-région en proie durant les 20 dernières années à de nombreuses turbulences qui souvent puisent leurs origines dans des antagonismes religieux, ethniques ou tribaux, cette sixième élection présidentielle consécutive, se voulait comme l’ancrage définitif et la confirmation de la bonne santé de la démocratie ghanéenne.

Débats télévisés, campagne électorale exemplaire en termes d’équité, vote biométrique, taux de participation de plus de 79%, le scrutin a été unanimement salué par la communauté internationale malgré cependant certaines tensions, visiblement inévitables au regard de l’écart minime qui permit au président intérimaire John Dramani Mahama de prendre le dessus sur Nana Akufo Addo, principal chef de l’opposition.

Le premier enjeu pour Mahama, seulement le second président originaire du Nord dans l’Histoire du Ghana indépendant, sera ainsi de renouer rapidement le dialogue avec l’opposition et l’intégrer à nouveau au sein de l’arène politique afin de sauvegarder l’unité du pays et agir dans le sens du développement. Parmi les premiers signaux forts : la mise en place d’un gouvernement élargi avec la nomination entre-autres de Mme Hannah Tetteh à la tête de la diplomatie ghanéenne. Une véritable consécration pour cette ancienne ministre du commerce et de l’industrie et figure de proue de la défense des droits de l’Homme.

Disposant de ressources naturelles importantes (cacao, or, gaz naturel), le pays bénéficie depuis une décennie maintenant d’une croissance rapide (12% l’an dernier avec des estimations de 8% pour 2013 et 2014), que l’exploitation pétrolière récente n’a fait que booster, croissant ainsi l’intérêt des investisseurs étrangers. Le Ghana a ainsi su bâtir sur le socle de la stabilité politique les jalons d’une économie prospère, bien que celle-ci demeure du fait des exportations, assez sensible aux soubresauts de la conjoncture internationale.

La présidence Mahama reste à ce niveau confronté à de nombreux défis : progresser en matière de lutte contre la pauvreté, atténuer des disparités Nord / Sud toujours importantes, poursuivre la politique de grands travaux en matière d’infrastructures, combattre une corruption endémique qui gangrène tant l’administration que le milieu des affaires et surtout faire en sorte de parvenir à une redistribution plus équitable de la richesse.

Fort de ses acquis qui en font une place forte en Afrique de l’Ouest, la patrie de Kofi Annan et de John Kufuor, ancien président (2002-2008) appelé à la rescousse par la CEDAO pour superviser le périlleux exercice électoral en Sierra Leone novembre dernier, peut voir l’avenir avec optimisme…


Par Talal Salahdine, Directeur Stratégie et Communication de l'Institut Amadeus

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