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Workshop Amadeus : Sahara, la bataille de l'image

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Dans le cadre de ses activités, et dans son rôle d’acteur du débat public marocain, l’Institut Amadeus a organisé jeudi 9 mai une rencontre de réflexion autour de la question du Sahara intitulée :

«  Sahara marocain : Au-delà du combat politique et diplomatique, comment remporter la bataille de l’image ? »

 

Il s’agissait, à l’occasion de cette rencontre de travail qui a réuni représentants de partis politiques et experts marocains et internationaux, d’entamer une réflexion autour de l’état des lieux et des axes d’amélioration des mécanismes et des actions de sensibilisation menés par le Maroc pour promouvoir ses arguments à l’échelle internationale sur l’affaire du Sahara et pouvoir défendre de manière plus efficace le dossier de son intégrité territoriale.

Le débat a enregistré, outre la présence des membres de l’Institut Amadeus, la participation des députés Mehdi Bensaid (PAM) et Ali Elyazghi (USFP), Naima Korchi, Juriste internationale, David Alvarado Chercheur associé au centre espagnol CIDOB, les journalistes Saad Tazi (Le Soir) et Fahd Yata (La Nouvelle Tribune), Khalid Baddou, Vice-président de l’Alliance des Indépendants, ainsi que Nawfal Larabi, conseiller politique et le consultant indépendant Mohamed Methqal.

Face aux campagnes successives de désinformation et d’instrumentalisation auquel il fait face, le Maroc se doit de miser sur le renforcement des outils de promotion  de sa position via un lobbying efficace en particulier auprès des Etats Unis et des institutions européennes.

Un rôle proactif de sensibilisation permanente auprès des décideurs étrangers et de la communauté internationale que les partis politiques, les ONG, les thinks tanks marocains sont également appelés à jouer, aux côtés de la diplomatie officielle.

De l’avis de l’ensemble des intervenants, la conjoncture actuelle incite à un temps de réflexion et d’analyse nécessaire afin de tirer les leçons et éviter que les efforts diplomatiques déployés en urgence ces dernières semaines n’aient fait que reporter l’échéance à avril 2014, date de la fin de l’actuelle résolution 2099.

Très clairement ici il est plus question de guerre de l’image que de confrontations d’argumentaires.  Les débats ont démontré que l’approche communicative marocaine présentait tant sur la forme que sur le fond des défaillances parfois préjudiciables, face à un adversaire déterminé, voire jusqu’au-boutiste et dont la force de frappe de communication repose à la fois sur des  ONG professionnelles locales et solidement financées et sur de très nombreux relais à l’international.

Une situation qui tranche nettement avec le bénévolat qui caractérise les ONG nationales qui défendent la marocanité du Sahara, jugées par ailleurs peu nombreuses au regard de l’importance du dossier. La proposition de créer des structures spécialisées avec des plans d’action annuels jusqu’à quinquennaux intégrant des stratégies d’influence opérationnelles n’est pas à négliger.

De même, le Maroc n’utilise pas suffisamment ses voies naturelles pour sensibiliser les opinions publiques internationales. En premier chef : les MRE, leurs réseaux, leur intégration réussie dans les pays d’accueil mais aussi de plus en plus le poids électoral qu’ils y représentent. Idem pour les atouts disponibles mais inexploités en termes de diplomatie culturelle : quasiment aucun sportif ou comédien célèbre, marocain ou étranger, ne s’engage pleinement dans cette cause. Dans le même sens, la production cinématographique  et documentaire marocaine sur la question du Sahara est quasi-nulle. Une défaillance majeure alors que les films de propagande du Polisario, très nombreux, sont diffusés jusque dans les instances officielles européennes.

Sur Internet et via les réseaux sociaux, le plaidoyer marocain reste peu visible en comparaison avec le lobbying numérique orchestré par le Polisario. L’initiative Marche Verte Digitale, crée courant avril 2013 sur le réseau Facebook afin essentiellement de pérenniser « l’esprit de la Marche Verte du 6 novembre 1975 », se veut un exemple à multiplier de mobilisation des internautes.

Talal Salahdine, Directeur Stratégie de l'Institut Amadeus

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