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Intégration économique régionale au Maghreb

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Intégration économique régionale au Maghreb
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Lorsque l’on étudie le Maghreb du point de vue de son intégration régionale, le bilan que l’on peut en tirer est plus que mitigé. Et parler de constat d’échec dans ce cadre n’est pas vraiment une infondé tant est important le fossé qui sépare les ambitions déclarées par les dirigeants régionaux et le faible niveau d’avancement des initiatives. Trois problématiques auraient pu objectivement inciter le Maghreb à une meilleure intégration et coopération.

Tout d’abord l’approche sécuritaire, cristallisée autour d’un combat contre le terrorisme. Deuxièmement, l’approche historique et politique, résidant dans la croyance d’une unité du peuple maghrébin (linguistique, religieuse et historique) aboutissant à l’idée d’un devoir moral de s’unir pour le Maghreb. Enfin l’approche économique fondée sur certaines complémentarités de marché, de produits et une certaine vision pragmatique d’une union économique pour attirer mieux et plus l’investissement étranger et avoir une meilleure position lors des négociations internationales ou régionales. Ces trois dimensions peuvent se rejoindre dans un modèle fonctionnaliste ou l’accomplissement de l’une de ces dimensions aboutirait au rapprochement sur les autres.

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L’approche économique elle, un peu à l’image de la construction eu-ropéenne est celle vers laquelle les partisans de l’union du Maghreb fonde le plus d’espoir. On constate que si des blocages, politiques notamment, entravent l’intégration régionale alors, le pragmatisme des élites économiques peut être une échappatoire ; c’est la politique de confiance ou la politique des petits pas (Pour une perspective historique sur cette politique, lire  « l’entretien du mois » avec Francis Ghilès sur le site de l’Institut Amadeus). C’est d’ailleurs celle qui a permis la création de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) en 1989.  Le propos sera donc articulé autour de cette dernière approche et se cantonnera à l’étude du rapprochement économique entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Au Maroc, unique pays africain membre d’une seule organisation régionale (l’UMA), de nombreuses voix prennent publiquement position pour l’intégration économique régionale. Les officiels et entrepreneurs tunisiens multiplient les prises de position publiques en faveur de la création d’un plus grand marché maghré-bin. Il en va de même en Algérie, où entrepreneurs algériens ou ex-perts s’expriment sur la nécessité d’améliorer et doter la région d’un espace économique plus vaste.

Au Nord de la Méditerranée, une l’Union Européenne (UE) existe déjà. Et l’enjeu de l’intégration économique pour les trois pays maghrébins réside dans le rapport que ces derniers peuvent entrete-nir avec elle dans le cadre de négociations qu’elle propose. Ainsi, dans sa Politique Européenne de Voisinage (PEV), l’UE propose diffé-rents types de partenariats à ces pays, comme le partenariat-avancé ou les perspectives d’obtenir une zone de libre-échange d’ici à 2012 dans l’espace méditerranéen. Les évolutions politiques portent natu-rellement le Maroc et la Tunisie à négocier avec l’UE. Pourtant, on peut considérer que dans une certaine mesure, la construction d’un marché commun au Maghreb pourrait renforcer son poids sur de nombreux dossiers méditerranéens. Si l’on tient compte de ces cons-tats, une analyse en trois temps peut être réalisée. Mettre en exergue, dans un premier point, les défis qu’ont à relever les agents économiques de ces pays. Puis, dans un second point, souligner les blocages rencontrés. Et enfin, s’attarder sur les perspectives envisa-geables pour une meilleure intégration économique maghrébine.



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