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L’Institut Amadeus participe à un séjour d’étude à Pékin

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Répondant positivement à l’invitation de l’Association du peuple chinois pour la paix et le désarmement (CPAPD), l’Institut Amadeus a entrepris une visite d’étude en République Populaire de Chine afin de participer à une série de rencontres et séminaires autour de la thématique globale des relations Chine Afrique.

 

Cette série de conférences destinées à des représentants de la société civile (Think tanks, universitaires, Médias) de 4 pays d’Afrique francophone : Maroc, Algérie, Tunisie et Sénégal avait pour but principal de pouvoir débattre des différents enjeux présents et futurs de la présence chinoise sur le continent africain.

Ce séjour fut ainsi l’occasion pour les représentants de l’Institut Amadeus (Talal Salahdine, Directeur Stratégie et Amine Amara coordinateur général du CAP) de multiplier les échanges avec différents interlocuteurs chinois. La visite de travail fut ainsi sanctionnée à la fois par des rencontres avec des représentants officiels : les Direction Afrique et Direction Maghreb au sein du Ministère des Affaires étrangères chinois ainsi que la section internationale du Comité central du Parti Communiste Chinois mais aussi ceux de la société civile : médias privés et différents centres de recherches des études africaines en plus de l’organisateur hôte : l’Association du Peuple Chinois pour la paix et le désarmement (CPAPD).

Résolument décidée à poursuivre son développement et à peser davantage sur la scène internationale, Pékin fait des relations sino-africaines un axe majeur de sa projection dans le monde. Vielles de plus de 50 ans, celles-ci font face à un tournant crucial : dépasser les appréhensions et autres préoccupations liées à l’enracinement économique chinois en Afrique (dont certains observateurs occidentaux n’hésitent pas à qualifier de « néocolonialisme »).

Parmi les principaux griefs reprochés : le focus chinois parfois exclusif sur les matières premières du continent, les répercussions liées au déversement des produits manufacturés chinois à bas prix sur les marchés africains dans un contexte d’absence de toute perspective de transformation industrielle liée à cette présence.

Sont également caution à débat les sujets relatifs à la résistance des entreprises publiques chinoises de procéder à des transferts de technologies en faveur des entreprises africaines, la non création d’emplois par les investissements chinois ou encore le non-respect des normes environnementales par les entreprises chinoises en Afrique.

Des difficultés dont la partie africaine s’est fait écho tout au long des discussions afin de sensibiliser les interlocuteurs chinois sur certaines pistes d’amélioration potentielles à envisager.  L’objectif majeur de ce type d’initiative telle que celle menée par le CPAPD est de pouvoir créer un canal de dialogue direct et franc entre société civile chinoise et africaine et dépasser ainsi la logique exclusive officielle « d’Etat à Etat ».

Une nouvelle phase de l’approche de la relation sino-africaine qui se veut multidimensionnelle. Aux côtés des liens économiques et politiques, c’est une coopération à tous les niveaux (sécurité, culture…) qui est aujourd’hui ambitionnée par Pékin pour le continent.  Les dernières visites effectuées récemment sur le continent par le Président Xi Jinping (Tanzanie, Afrique du Sud et Congo Brazzaville) et le Premier Ministre Li Keqiang (Ethiopie, Nigeria, Angola et Kenya) sont vues comme des actes fondateurs de cette nouvelle doctrine.

Consciente d’une multipolarité grandissante des acteurs en Afrique répartis entre grandes puissances (USA, France, Grande Bretagne) et nouveaux arrivants (Turquie, Brésil, Inde, Malaisie, Corée du Sud, les pays du Golfe…), la Chine affiche avant tout une légitimité affirmée sur le continent. Celle-ci se base à la fois par un passif colonial vierge, un statut d’héraut des pays en voie de développement sur la scène internationale mais surtout sur son pari sur l’Afrique lorsque le monde occidental lui tournait le dos (et ce encore jusqu’à la fin des années 90).  Loin de toutes velléités hégémoniques, la Chine se veut rassurante auprès de ses partenaires africains. Il existe un « rêve chinois » qui se veut différent du rêve américain et dont l’ouverture vers l’extérieur (y compris l’Afrique) constitue un pilier important.

La pérennisation du partenariat gagnant gagnant Chine Afrique ne pourra cependant se permettre à l’avenir l’économie de certains ajustements nécessaires : le rééquilibrage (graduel) des échanges commerciaux pour instaurer les bases d’un réel rapport gagnant/gagnant, un meilleur respect des dispositions légales et celles liées à l’environnement ainsi qu’un effort mutuel pour mieux connaitre la culture de l’autre.

C’est ainsi que le soft power a un rôle crucial à jouer ici. Outre le FOCAC (Forum de coopération sino-africaine) dont une part grandissante est accordée aux échanges culturels et universitaires, la Chine s’appuie désormais sur un réseau d’Instituts Confucius de plus en plus important sur le continent.

Autre axe majeur fondamental dans cette dynamique : la coopération entre médias chinois et africains.   La pénétration économique chinoise en Afrique est sans commune mesure avec sa pénétration médiatique. Par exemple, sur les 2500 chaines de TV chinoises, aucune n’est exclusivement dédiée au continent. Malgré la présence de l’agence Xinhua, la chaine de télévision CCTV ou encore Radio Chine Internationale (qui émet en chinois, français et anglais), l’influence médiatique en Afrique est appelée à se renforcer davantage et se montrer à la hauteur des ambitions d’excellence voulues par les autorités chinoises pour le partenariat Chine Afrique.

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