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Sport et Développement: le sport peut-il constituer un nouveau vecteur de développement ?

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B2Explorer de nouvelles approches du développement a toujours été au cœur du projet des MEDays. Après les jeux de Beijing 2008, la Coupe du Monde en Afrique du Sud, et avec un œil sur le Brésil 2014 et Rio 2016, le temps était venu de questionner le véritable rôle du sport dans le développement humain et économique.


GoldaElKhouryGolda El Khoury, Directrice de la section de l’UNESCO pour la Jeunesse, le Sport et l’Education physique

“Si nous recherchons la preuve d’une trajectoire de développement: (…) le sport n’a pas encore démontré (…) ses bénéfices réels pour un pays et sa population. »

 

PoulHansenPoul Hansen, Chef de Bureau, Bureau du Conseiller Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sport, le Développement et la Paix

« Nous avons besoin de modèles. On ne peut avoir uniquement un sport d’élite. (…) Il est très important que les jeunes dans les programmes sportifs n’ambitionnent pas de devenir des Drogba ou des Zidane. Les programmes sportifs doivent inclure une dimension éducative pour pousser les jeunes à devenir médecins ou enseignants (…).»

 

MoncefBelkayatMoncef Belkhayat, Ministre de la Jeunesse et des Sports du Royaume du Maroc

« Le sport devient de plus en plus un important vecteur de développement social. »

 

 

KabandoWaKabando

Kabando wa Kabando, Vice-Ministre de la Jeunesse et des Sports du Kenya

« (Au Kenya), le sport, la culture, et la promotion des talents sont devenus des obligations nationales. »

 

 

FrancoisAllaYaoFrançois Alla Yao, Directeur des Sports, Secrétariat Général de la CONFEJES

« Dans nos états, la dimension éducative du sport n’est pas suffisamment exploitée. Le mouvement sportif international a exploité la dimension monétaire du sport. C’est aux gouvernements d’intervenir pour remplir cette lacune. »

 

Rôle incertain

L’engouement  autour de l’organisation de ‘méga’-évènements sportifs a attiré beaucoup d’attention autour de l’idée selon laquelle le sport constituerait un véritable vecteur de développement. Pourtant, selon le bureau de l’UNESCO pour la Jeunesse, le Sport et l’Education Physique, l’impact développemental de ce genre de manifestations reste à démontrer.

La plupart des bénéfices ne perdurent pas dans la durée. L’effet sur l’emploi, qui revient souvent dans les argumentaires des responsables politiques locaux, n’est que de courte durée, et ne porte que sur des emplois faiblement qualifiés. Accueillir ce genre d’évènements mène à une hausse généralisée des prix, qui affecte en premier lieu les populations les plus défavorisées. De plus, il reste à montrer que les investissements réalisés ne créent pas d’effet d’éviction, en siphonnant des fonds destinés à d’autres secteurs.

L’accent a été mis sur la nécessité de créer un catalogue de principes clés auxquels les candidats  à l’organisation de manifestations sportives de grande ampleur devraient se conformer. Les candidatures devraient ainsi accorder une attention particulière au développement du pays, à la durabilité du projet, et à l’insertion dans une stratégie de développement nationale. Les fédérations internationales du sport comme la FIFA ou le CIO pourraient jouer un rôle clef dans leur diffusion.

Un plus grand rôle pour l’éducation et les valeurs

La charte de l’UNESCO de 1978 sur l’éducation physique à l’école avait déclaré le sport comme « un droit fondamental pour tous ». Pourtant, la faible place laissée au sport dans les projets d’éducation au Sud reflète les doutes sur les bénéfices éducatifs du sport.

Etre loyal, solidaire, généraux, tolérant, non violent et maître de soi, sont des valeurs que nous recherchons dans la société, et que le sport cultive à chaque instant.

La jeunesse constitue un important pourcentage de la population des pays du Sud. Souvent, la jeune génération est perçue davantage comme un frein au développement que comme un atout. Le sport pourrait être utilisé pour réorienter et les organiser la jeunesse, afin de faire d’elle un acteur actif du développement humain et économique du Sud. L’école pourrait à ce titre servir de relai au sport pour sa diffusion à travers la société.

Approche locale

Si nous voulons sérieusement faire du sport une partie intégrante du développement social, cela doit démarrer à la base, dans les quartiers. Les efforts du Maroc pour créer des « Clubs socio-sportifs de proximité » s’inscrivent dans cette logique. Parmi ses succès, la fréquentation des établissements par 25% de femmes, qui pratiquent le sport de manière quotidienne pour la première fois de leur vie.

Avoir un impact sur le quotidien des gens est probablement la manière la plus immédiate, opérationnelle et utile de faire du sport un véritable vecteur de développement social.

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