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Stabilité Macroéconomique / Commerce Mondial : quels enjeux pour le Sud ?

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SP5Confronter les opinions des meilleurs économistes mondiaux avec celles des décideurs politiques du Sud était l’ambition de la Séance Economie du Forum MEDays. Instabilité macroéconomique et politique commerciale étaient au programme.

 

Rda_ChamiAhmed Réda Chami, Ministre du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles Technologies du Royaume du Maroc

 

 

Amadou_Niang_-_SngalAmadou Niang, Ministre du Commerce du Sénégal

 

 

EdmundPhelpsEdmund Phelps, Prix Nobel d’Economie 2006, Co-fondateur du centre de recherche sur le capitalisme et la société de la Columbia University 

 

 

RomanFrydmanRoman Frydman, Professeur d’économie à la New York University, Co-fondateur du centre de recherche sur le capitalisme et la société de la Columbia University

 

 

Jean-Herv_Lorenzi

Jean-Hervé Lorenzi, Conseiller du directoire de « La Cie Financière de Rothschild », Président du « Cercle des Economistes »

 

 

Richard_AttiasRichard Attias, Fondateur et Président du New York Forum, Président du directoire du centre de recherche sur le capitalisme et la société de la Columbia University

 

 

Philippe_CamusPhilippe Camus, Co-directeur du groupe Lagardère, Président du conseil de surveillance d’Alcatel Lucent

 

 

 

LES TEMPS-FORTS DES DEBATS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’économie mondiale est devenue un environnement extrêmement complexe ; Les actions des acteurs économiques se caractérisent par l’incertitude quant à leurs conséquences.  Ils sont en mesure de prendre des décisions qui affectent profondément la marche de l’économie, sans réellement en comprendre le fonctionnement.

7% à 8% des activités de production ont été transférées dans un laps de temps très court des pays de l’OCDE vers le bloc émergent. Alors que les économies développées doivent se diversifier dans de nouvelles activités et que les pays émergents essaient de reconvertir leurs économies fondées sur l’exportation, l’avenir semble plus incertain que jamais.

Le souci de la stabilité économique

Les déséquilibres monétaires sont une source d’inquiétude majeure pour les pays en développement. Autant la volatilité que la rapidité des ajustements monétaires posent de grands problèmes aux décideurs politiques ainsi qu’aux acteurs économiques.

D’après Edmund Phelps, les taux de change sont bien le reflet des fondamentaux économiques. Et c’est précisément pour cela qu’ils ont tendance à fluctuer, parfois de manière excessive.

La crise à joué un rôle de révélateur en montrant que les marchés ne sont pas parfaits et mènent inévitablement à des excès. Le rôle des Etats est de fournir un cadre institutionnel pour gérer ces imperfections. L’économiste Roman Frydman a d’ailleurs souligné que sans la crise, nous ne serions probablement jamais arrivés à ce constat.

Pour lui, les états ont tout intérêt à laisser leurs monnaies flotter, puisque la fluctuation joue un rôle essentiel d’ajustement. Mais ils devraient introduire des mécanismes pour prévenir les mouvements excessifs. Malheureusement, c’est une question qui n’a pas été abordée par les chefs d’Etats au récent G20 de Séoul.

Les dangers de l’austérité

L’endettement excessif dans les pays développés a mené aujourd’hui à une course à la réduction des déficits publics. La consolidation fiscale parait désormais un préalable essentiel à la croissance. Les experts ont mis en avant l’importance de renouer avec des situations budgétaires plus soutenables, sans mettre en danger les perspectives de croissance.

Les inquiétudes du Sud exprimées au Forum envers les politiques économiques des pays développés se résument au mieux dans les mots du Président brésilien Lula : les pays de l’OCDE doivent veiller à ne pas étouffer leur consommation domestique. Faute de quoi, le monde en développement pourrait en faire les frais, avec pour risque d’entrainer dans sa suite l’ensemble de l’économie mondiale.

Politique commerciale

Les questions de politique commerciale sont une autre source de préoccupation pour le monde en développement. Depuis 1995, les pays du Sud ont fait cause commune pour réformer un système international qui favorise les puissances commerciales dominantes.

Le Sud reconnait pourtant les bénéfices d’un environnement commercial international régulé, dans lequel les interactions entre acteurs se font selon un ensemble de règles clairement définies. L’organisation du commerce mondial a beaucoup apporté au Sud, et contrairement aux idées reçues, la plupart admettent volontiers que l’OMC a permis d’enclencher une dynamique de progrès économique.

Pourtant, si les barrières commerciales doivent être complètement démantelées, il est essentiel que toutes les parties impliquées s’accordent sur un certain nombre de pratiques. Les membres de l’OMC doivent partager par exemple les mêmes structures de coûts, en se pliant à un certain nombre de standards internationaux, au premier rang desquels la garantie de certains droits sociaux. Les recommandations de l’OIT pourraient faire office de principe directeur en la matière. D’autres pratiques commerciales déloyales visant à déformer la concurrence - comme la manipulation des taux de change, utilisée en ce moment par les pays développés pour rendre leurs exportations plus compétitives -, devraient également être prohibées.

 

 

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