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Jerusalem: existe-t-il une solution?

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Lors de précédentes négociations  formelles ou informelles, notamment lors de la législature précédente en Israël (17eme Knesset et gouvernement Kadima) Israéliens et palestiniens étaient tombés d'accord  sur le principe d'une solution à deux Etats sur les frontières du 4 juin 1967. Mais le statut  final de Jerusalem a toujours revêtu une charge symbolique particulière durant les négociations et ceux pour les  deux parties. Avec la fin du moratoire de 10 mois sur la colonisation et à cause de cette colonisation qui n'a jamais vraiment cessé (même durant le moratoire), Israël rend de plus en plus improbable la création d'un Etat palestinien avec Jerusalem Est pour capitale. Trouver une solution pour la question de Jerusalem est crucial pour le tracé des frontières du futur Etat palestinien et l'avenir du processus de paix.

 

Alors que plus de la moitié des citoyens israéliens sont prêts à vivre une division administrative de la ville de Jerusalem, Daniel Ben Simon (député israélien) explique que le gouvernement israélien actuel considère Jerusalem comme un tabou dans la négociation et continuera à éviter de mettre le sujet sur la table le plus longtemps possible. Cette attitude qui consiste à retarder l'échéance a des conséquences catastrophiques pour les populations arabes de la ville qui subissent quotidiennement une véritable ghettoïsation, un isolement qet de nombreuses humiliations et vexations.

Physiquement et psychologiquement cette ghettoïsation s'installe à Jerusalem. Selon don William Shomali, archevêque de jerusalem d'origine palestinienne, il n'y a pas seulement que des murs bien visibles qui séparent les communautés ethniques de la ville, il y a aussi une quantité de murs invisibles. Chaque groupe se replie sur sa communauté et ne communique plus qu'avec les siens. Daniel Ben Simon complétera en décrivant à quel point il n'est plus agréable pour les citoyens israéliens les moins religieux de vivre à Jerusalem. Cela a pour conséquence que les juifs orthodoxes, pratiquants et plus conservateurs représentent numériquement une plus grande fraction des habitants israéliens de la ville.

Vingt pour cent des Israéliens sont d'origine arabe et ces citoyens israéliens ne sont pas même traités de la même façon que leurs concitoyens juifs. Le  député israélien Ahmad Tibi a lui souligné la discrimination sans fin des Arabes israéliens. Dans les quartiers arabes de Jerusalem Est, les travailleurs  luttent quotidiennement. pour franchir les nombreux check-points et les murs de séparation. Plus de 72% des enfants vivant à Jerusalem Est ont des conditions de vie indécentes, en dessous du seuil de pauvreté. Le système éducatif à Jerusalem Est affiche lui une carence de 1000 salles de classe. Cette ambiance cultive la colère voire la haine de ces jeunes envers les Israéliens.

Si l'on veut une vraie paix durable, il faudra traiter tous les problèmes les plus durs dans un seul et même paquet de négociations, avertit Yossi Beilin le co président de l'Initiative de Genêve. Cela veut dire Jerusalem mais aussi les réserves hydrauliques et l'environnement, les réfugiés et les frontières. Il n'est pas concevable de continuer à séparer les sujets.

Dans les solutions esquissées, Jerusalem pourrait être divisée entre les deux Etats. Malgré cela la vieille ville sera difficile à séparer à cause de sa haute charge symbolique, émotionnelle, culturelle et religieuse. L'ambassadeur Arthur Hughes, ancien secrétaire d'Etat adjoint pour les affaires du Moyen orient au Département d'Etat (USA) a lui appelé à la création d'un régime spécial pour la vieille ville, qui serait à la fois gérée par l'Etat israélien et l'Etat palestinien. Les sites religieux continueront à être dirigés par les autorités religieuses. Ce régime spécial concernerait lui un service de police international avec des membres israéliens et  palestiniens et un conseil de gouvernance supervisant l'administration publique de la vieille ville, qui serait égalemnt dirigé de manière paritaire.

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