CYCLE DE WEBINAIRES : LES SUDS FACE AU COVID-19 : DE LA GESTION DE CRISE À L’INDISPENSABLE DISRUPTION

 

Cycle de Webinaires :
 

Les Suds face au Covid-19 : De la gestion de crise à l’indispensable disruption
 

Webinaire 3  :Innovations pour une relance économique rapide et durable
 

Mardi 12 Mai 2020
 

 

Le mardi 12 mai 2020 à 14h00, l’Institut Amadeus en partenariat avec la Fondation Haïtienne Dr Louis G. Lamothe a organisé un webinaire sous le thème : « Innovations pour une relance économique rapide et durable », poursuivant ainsi la série de webinaires ayant pour thématique globale « Les Suds face au Covid-19 : de la gestion de la crise à l’indispensable disruption ».

La conférence a vu la participation de plusieurs personnalités de différent pays, rassemblant des représentants gouvernementaux ainsi que des représentants de la société civile et du secteur privé. Ainsi, parmi les panélistes, on a pu compter Monsieur Moubarack Lo, Ancien Conseiller Spécial du Premier Ministre sénégalais, Monsieur Aloysius Ordu, ancien Vice-Président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Madame Maggie Gu, Présidente de  « Tomorrow Foundation », Monsieur Mossadeck Bally, Président fondateur d’Azalaï Hotels Group, Monsieur Didier Acouetey, Directeur d’AfriSearch, Monsieur Yonov Fredercik Agah, Directeur-Général Adjoint de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Madame Hannah Marais, Directrice Associée à Deloitte Africa, Monsieur James Claude, Président Directeur-Général de Global Voice Group, Monsieur José Rodolfo Zelaya, Député au Congrès National du Honduras, Monsieur Daniel Erikson de la Biden Foundation for Foreign Policy et Son Excellence Monsieur Wilson Laleau, ancien Ministre Haïtien du commerce et de l’industrie. A ce webinaire ont participé également, Son Excellence Monsieur Laurent Lamothe, ancien Premier Ministre de la République de Haïti et Président de la Fondation Dr Louis G. Lamothe, et Monsieur Brahim Fassi-Fihri, Président de l’Institut Amadeus.

La discussion a été ouverte par Monsieur Brahim Fassi-Fihri qui a mis en avant la nécessité pour les pays du Sud de promouvoir des solutions économiques, tout en développant des chaînes de valeur intra-Suds. Sa position a été appuyée par Monsieur Lamothe, qui rappela l’impact dévastateur du Covid-19 sur les économies des pays du Sud, causant le passage de 28 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et une hausse de chômage de 40%.

La discussion fut orientée par la suite vers le rôle de l’innovation dans la relance économique des pays du Sud. Monsieur Agah a déclaré que pour une relance efficace il faudrait une large coopération tout en définissant les besoins et priorités au niveau de chaque Etat. Il a par ailleurs mis en avant la nécessité de digitaliser l’économie. Monsieur Agah a également souligné l’importance d’une intégration régionale plus avancée sur le continent africain, pour « éviter de chercher du soutien à l’extérieur ». Le Directeur-Général Adjoint de l’OMC a également mentionné le besoin de développer des centres d’excellences spécialisés dans des industries spécifiques par Etat, afin de construire des communautés régionales sur une base de complémentarité entre leurs membres.

Par la suite, Monsieur Moubarack Lo a pris la parole afin de présenter la situation du Sénégal qui est selon lui un pays « sous le choc », il a également mis en avant le programme de sauvetage des entreprises établis par l’Etat sénégalais tout en soulignant la nécessité d’un plan afin de rendre les économies plus résilientes. Monsieur Ordu a rebondi sur la question de la résilience, en mettant l’accent sur la nécessité de mettre fin aux conflits qui entravent la construction d’économies résilientes.  Il a également fait allusion aux possibilités d’emprunts de fonds auprès d’organismes mondiaux tout en soulignant l’importance d’une transparence totale sur leur usage. L’ancien Vice-Président de la BAD a également déclaré que « Les Etats doivent réviser leur budget » afin d’augmenter les fonds alloués au secteur de la santé, dans ce cadre, il a appelé les Etats africains à financer plus largement le Centre Africain pour le Contrôle et la Prévention des Maladies (CACM) afin que celui-ci puisse jouer un rôle à l’avenir plus important dans la détection d’épidémies et de pandémies.

La discussion porta par la suite sur la nécessité d’investir dans le capital humain. Dans ce cadre, Monsieur Acouetey a déclaré « qu’il faudra savoir comment mobiliser les talents qui ont quitté le marché du travail (à cause de la crise en cours) et s’assurer d’utiliser leur compétences pour reconstruire l’économie ». Il a par ailleurs fait allusion au besoin de redéfinir les compétences de bases nécessaires à l’économie du continent, afin de développer des formations plus pertinentes au marché du travail africain que ce soit au niveau du secteur formel ou du secteur informel. Enfin, Monsieur Acouetey a appelé à la création de « verticales de compétences » entre les différentes diasporas des pays du Sud, afin que celles-ci puissent intervenir directement au développement des pays du Sud dans leur ensemble.

 Par la suite, Madame Gu a mentionné l’importance de « rompre avec les modèles économiques du passé » tout en mettant l’accent sur l’intégration des technologies à travers la digitalisation de l’économie. Monsieur Laleau quant à lui a appelé à « cesser de considérer les questions nationales qui touchent vraiment le bien-être des populations comme questions secondaires » tout en incitant les Etat à « mettre l’économie au service des populations et non l’inverse ». Pour Madame Marais, le digital est un « secteur clef », et les économies des pays du Sud doivent s’engager plus dans cette voie. Quant à Monsieur Bally, il faudrait selon lui « des Etats forts, des Etats visionnaires, qui mettent en place des stratégies pour que quand les économies peuvent repartir, les entreprises puissent repartir aussi », ou en d’autres termes, les Etats doivent impérativement venir en aide aux entreprises en difficulté. Monsieur Erikson intervenant à la suite de Monsieur Bally a présenté les conditions actuelles comme complexes, ambigües et propices à une certaine vulnérabilité des Etats et au développement d’un climat d’incertitude dans la prise de décision, tout en soulignant que les sociétés qui sauront sortir renforcés de cette crise présenteront des signes de « résilience, innovation, synergie et élasticité ».  La discussion s’est orientée par la suite vers les différentes innovations digitales possibles afin de supporter la relance des économies africaines. Dans ce cadre, Monsieur Claude, a présenté les travaux de son entreprise dans le domaine du tracking des personnes atteintes par le Covid-19 et dans l’élaboration de méthodes alternatives de financement digitalisé (Crowdfunding) au profit des Etats. Pour le PDG de Global Voice Group, les pays du Sud doivent impérativement « trouver des moyens innovants de lever des fonds ».

En guise de conclusion, les panélistes ont rappelé l’opportunité que pourrait présenter cette crise pour reconstruire les économies des pays du Sud, tout en mettant l’accent sur la nécessité d’avoir une vision large axée sur la résilience économique. Par ailleurs, Monsieur Acouetey a rappelé la nécessité d’une action étatique en faveur des Startups représentant 90% du tissu économique africain, tout en mettant en avant la solution que pourrait présenter le crowdfunding pour cette catégorie d’entreprises. Par la suite, les panélistes remirent en avant l’importance de l’investissement dans le capital humain, le secteur de la santé et la digitalisation. Monsieur Zelaya quant à lui, a exprimé lors de son intervention le regret que son pays – et les pays du Sud en général – « n’ait pas encore les éléments nécessaire pour élaborer des analyses comparatives » sur les politiques de relance à mener.

Pour clôturer le webinaire, Son Excellence Monsieur Laurent Lamothe a remis l’accent sur la nécessité d’une coopération entre les pays du Suds afin de développer des synergies pour mieux faire face aux effets économiques de la pandémie. L’ancien premier ministre haïtien a déclaré : « la crise vient de débuter, il va falloir continuer à mettre nos stratégies ensemble ».  Monsieur Brahim Fassi-Fihri a quant à lui annoncé que « la prise du destin en mains par les pays du Sud commence avec la prise en main de l’industrie et de la technologie ». Par ailleurs, Monsieur Fassi-Fihri s’est félicité des efforts du Maroc en matière industrielle sur la question de l’innovation, tout en présentant celle-ci, en droite ligne avec la Vision de SM le Roi Mohammed VI, comme une clef à une relance rapide et durable de l’économie africaine.

Retrouvez l’intégralité du webinaire en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

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