MEDays 2011, premières lectures

Nous vous proposons ici une première lecture très synthétique de certains débats tenus lors de cette édition 2011.

L’Institut Amadeus publiera très prochainement des analyses plus pointues sur l’ensemble des thématiques abordées lors de cette 4é édition.

Réchauffement climatique

C’est sur un constat d’un leadership mondial introuvable dans la lutte contre le réchauffement de la planète que se sont entendus les intervenants lors des MEDays 2011.

Le sommet de Rio 2012, ou Rio +20 sur le développement durable, prévu en juin prochain dans la ville brésilienne ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.  Plus proche de nous, Durban 2011, récolte tout autant de scepticisme de la part des représentants des pays du Sud présents à Tanger. Il en ressort de leur discours que la responsabilité des pays du Nord, premiers pollueurs de la planète est avérée mais pas ou peu assumée. Pays emergents n’ont d’ailleurs pas manqué de prévenir des dangers d’une fuite en avant vers des taux de pollution inégalés jusque là, faute d’un  réel agreement sur la question.

Nombreux sont les participants qui ont souligné la nécessité de procéder aux réformes des institutions onusiennes et des modèles économiques. La régulation des émissions de gaz à effet de serre est plus que jamais une nécessité. L’une des recommandations majeures des MEDays 2011 allant dans ce sens avec la proposition de créer une  institution mondiale chargée du contrôle du respect des traités environnementaux en réformant le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Enjeux des transitions au Sud de la Méditerranée

Clairement, il s’agit là d’une thématique que nul n’aurait imaginé il y a un an au programme des MEDays 2011. Alors que l’an dernier le forum avait évoqué des « perspectives » de réformes en évoquant le rôle des nouveaux médias ou encore celui de la démocratisation, c’est le véritable tsunami politique dont a été témoin le monde arabe qui a imposé cette thématique désormais cruciale : aborder les moyens de financement qui permettront de soutenir les transitions démocratiques dans les pays d’Afrique du Nord, essentiellement Tunisie, Egypte et Lybie.

Confronter bailleurs de fonds (européens essentiellement) et pays récipiendaires autour de cette question, tel était l’objectif des organisateurs de l’Institut Amadeus. Il y a ici des similarités avec les mesures opérées en Europe de l’Est dans les années 90 : moins de contrôle de l’Etat, montée en puissance de marchés financiers performants et surtout un soutien important aux PME (pilier du tissu industriel au Maghreb). L’objectif déclaré ici étant la création d’emplois réguliers et l’émergence d’une véritable classe moyenne.

Au-delà des transformations politiques majeures qu’ont connu certains pays d’Afrique du Nord et aux incertitudes économiques qu’elles impliquent, c’est à un défi généralisé de coopération Nord Sud qu’il est nécessaire de renforcer en toute transparence, incontestablement le terme qui a fait consensus lors des débats sur cette question.

Consolidation de la démocratie et Etat de Droit dans les pays du Sud

Centrée sur le continent africain, les questions d’ancrage démocratique ont été cette année encore au cœur des débats des MEDays 2011. Le continent, en proie à de nombreux foyers de tensions, où conflits armés restent malheureusement légion, connait néanmoins depuis peu la multiplication de pratiques de multipartisme et de bonne tenue d’élections. Certes cela n’en fait pas totalement des pays démocratiques, cependant il s’agit là d’un premier pas que le forum MEDays s’est fait un devoir de saluer et encourager.

Rares sont en effet les pays qui peuvent se prévaloir d’éviter l’écueil des tensions post-électorales, très souvent meurtrières sur le continent. Niger, Zimbabwe, Libéria, Kenya dont des hauts représentants ont intervenu à Tanger mais aussi Guinée ou Bénin, autant de républiques en Afrique qui ont amorcé la transition démocratique par différentes voies. L’objet majeur étant de construire des institutions civiques qui garantissent liberté de la presse, liberté politique ou encore les libertés individuelles.

Nouveaux défis de la sécurité internationale

Maintenir la lutter contre le terrorisme et prévenir toute collaboration criminelle contre les Etats, tels étaient les sujets majeurs discutés lors des sessions attenant aux enjeux sécuritaires à l’échelle globale.

Colombie, Afghanistan, Sahel, autant de contrées où désormais le terrorisme se finance par le trafic de drogue. Une double menace qui incitent une coopération plus dense entre les Etats.  Les intervenants ont ainsi souligné la nécessité de concevoir désormais la sécurité comme collective en prévenant la création de toute entité telle que Al Qaida qui par ses nombreuses ramifications constitue le plus grand danger sur la stabilité d’un espace qui irait de l’Atlantique aux Philippines.

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