Quelle Afrique en post Covid-19 ?

Visioconférence  : Quelle Afrique en post Covid-19 ?
 
Mardi 2 juin 2020
 

Mardi 2 juin 2020, l’Institut Amadeus et l’ESCA-Ecole de Management, ont organisé un webinaire ayant pour thématique « Quelle Afrique en post Covid-19 ? ». Cet événement a vu la participation de plusieurs personnalités africaines qui ont discuté des différents défis auxquels l’Afrique devra faire face à la fin de la crise sanitaire en cours.

 

Etaient présents parmi les participants, Madame Thérèse F. Azeng, consultante au sein de la commission de l’Union Africaine, Monsieur Francis-José N’Guessan Coffie, directeur adjoint du centre ivoirien de recherche économique (CERS), Madame Yacine Fal, directrice générale adjointe du bureau régional de développement et de prestation de services pour l’Afrique du Nord au sein de la Banque Africaine de Développement, Monsieur Moubarak Lo, économiste et ancien conseiller spécial du premier ministre du Sénégal, Son Excellence Monsieur Mankeur Ndiaye, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la République Centrafricaine et chef de la MINUSCA, Monsieur Thami Ghorfi, Président de l’ESCA Ecole de Management et Monsieur Brahim Fassi Fihri, Président de l’Institut Amadeus. Par ailleurs, le webinaire fut également marqué par une intervention de Son Excellence Monsieur Youssef Amrani, Ambassadeur du Maroc en Afrique du Sud.

 

Monsieur Fassi Fihri a rappelé en introduction la résilience dont a fait preuve le continent et ce depuis le début de la crise du Covid-19, en mettant en avant l’importance d’une reprise en main du destin industriel de l’Afrique. Il a également souligné les réalisations de certains pays africains dans la lutte face à la pandémie, notamment le Sénégal, le Madagascar et le Maroc.

 

La parole a été prise par la suite par Monsieur Ndiaye, qui a mis en avant l’importance de « mettre l’accent sur la solidarité africaine ». Il a mentionné le retrait sur soi de plusieurs pays européens, en soulignant ainsi la nécessité pour l’Afrique de ne compter que sur elle-même et de coopérer de manière plus élargie afin de dépasser cette crise.  Madame Fal, a mis en avant l’inventivité dont a fait preuve le continent dans la lutte face au Covid-19. Inventivité qui selon elle, doit être intégrée de façon structurelle pour plus de résilience. Pour Madame Fal, « les priorités sont la protection des vulnérables, la résilience de l’économie pour contenir les effets dévastateurs de cette pandémie ».

 

Par la suite, Monsieur N’Guessan Coffie a regretté « qu’en Afrique, il n’y a pas eu d’anticipation. On est resté dans l’imitation des pays occidentaux. ». Le directeur adjoint du CERS a déploré le manque de transparence dans la gestion de l’information, en soulignant la nécessité d’adopter de nouveaux comportements face aux pandémies. Il a également souligné l’importance d’établir des mesures jouant le rôle de « sauvegarde sociale » en temps de crise, tout en appuyant sur le rôle de la recherche, et son importance dans la gestion des crises. Toujours sur le volet de la recherche, Monsieur Ghorfi a déploré l’absence du continent africain dans la production intellectuelle, en mettant en avant le bas pourcentage du PIB consacré à ce volet (mois de 1%). Il a avancé également que « les règles de la coopération internationale tendent aujourd’hui vers le chacun pour soi » en faisant appel à « plus de coopération africaine ». Il a par ailleurs appelé à faire plus attention à ce qui se passe sur le continent afin d’apporter des solutions qui lui seraient adaptées, de renforcer les chaînes d’approvisionnement intra-africaine, d’accélérer l’établissement de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECA) et de la facilitation de la circulation des citoyens africains sur le continent.

 

Monsieur Brahim Fassi Fihri a précisé que «la mondialisation est un paramètre inhérent du monde actuel et le restera lors de la reprise », il a également mis en avant la nécessité d’une « introspection » en matière de dépendance des chaînes d’approvisionnement dans un système international extrêmement globalisé afin de rechercher « des solutions d’indépendance industrielle dans l’interdépendance économique ». Monsieur Fassi Fihri a enfin souligné l’importance du partage d’expérience en matière de gestion de crises économiques, de la mise en place d’un système de solidarité afin de se préparer à une éventuelle seconde vague de la maladie, et de l’enrichissement du Fond Covid-19 Africain qui est encore loin d’atteindre les 200 milliards de dollars dont l’Afrique a besoin, le tout, pour que le continent ne devienne pas « un dernier épicentre de la pandémie ».

 

Par la suite, la parole a été prise par Monsieur Moubarak Lo, qui a souligné le recul mondial de l’activité économique, en annonçant que « le déconfinement ne veut pas certainement dire une reprise de l’économie, mais ça permettra au moins de limiter la casse », tout en mettant en avant la nécessité du renforcement du système sanitaire africain. Il fut suivi par Madame Azeng, qui a regretté que « les solutions africaines ont tendance à être minimisées, même lorsque des solutions traditionnelles ont eu des résultats positifs », tout en avançant à son tour la nécessité des africains à se prendre en charge par eux-mêmes.

 

Monsieur Mankeur Ndiaye a repris la parole par la suite, en remettant l’accent sur la nécessité d’une solidarité continentale et d’une coopération régionale renforcée, en mentionnant que cette crise est une opportunité afin de réviser le modèle de gouvernance sanitaire de plusieurs pays. De plus, il a mis en avant la nécessité de renforcer les centres de recherche du continent, d’établir une relance harmonisée et d’accélérer le processus d’établissement de la ZLECA. A son tour, Son Excellence Monsieur Amrani, en soulignant la nécessité de plus de concertation entre pays africains, tout en appuyant sur l’importance de trouver des solutions durables aux conflits en cours sur le continent. Il a déclaré également que « l’Afrique a besoin d’une politique volontariste, d’une vision pragmatique, et d’un engagement responsable pour la paix et la sécurité ».

 

En prenant la parole, à Madame Fal, a rejoint Monsieur Amrani sur la nécessité de trouver des solutions aux problématiques de la sécurité, tout en mettant en avant l’importance de réussir les processus d’intégration régionale, notamment au niveau économique. Madame Azeng quant à elle est revenue sur la nécessité de médiatiser davantage les efforts africains face à la pandémie, notamment les initiatives locales que ce soit en terme d’innovation ou de recherche. Par ailleurs, Monsieur N’Guessan Coffie a souligné l’importance d’établir une gouvernance favorable à la croissance et d’instaurer un système favorisant plus de solidarité régionale.

 

Par ailleurs, Monsieur Fassi Fihri est intervenu sur la question de la dette, en annonçant que « parler d’annuler la dette africaine, stigmatise par définition, et qu’il faudrait penser à des solutions novatrices sans pour autant porter atteinte à la solvabilité du continent». Le Président de l’Institut Amadeus a également souligné la nécessité de prendre en compte les solutions de financement afro-africaines. Monsieur Ghorfi a quant à lui mis en avant la nécessité de donner la priorité à l’industrialisation du continent afin d’établir des chaînes de valeur régionale, tout en adaptant des modèles d’urbanisation adapté à l’Afrique. Enfin, le Président de l’ESCA-Ecole de Management a souligné la nécessité pour le continent de développer ses propres solutions, adaptées à sa réalité.

Retrouvez l’intégralité de la Visioconférence en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

 

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