VISIOCONFÉRENCE : AUSTÉRITÉ OU INTERVENTIONNISME ET VOLONTARISME : QUELLE VOIE POUR LA RELANCE ÉCONOMIQUE AU MAROC ?

Visioconférence  : Austé ou interventionnisme et volontarisme : Quelle voir pour la relance économique au Maroc
 

Jeudi 21 Mai 2020
 

Le jeudi 21 mai 2020 un Workshop fût organisé par l’Institut Amadeus sur les différentes politiques de relance à établir une fois le déconfinement entamé. Cet événement rentre dans le cadre d’une série de visioconférences traitant de la question de l’adaptation du Modèle marocain de développement à la crise de la Covid-19 en cours. Plusieurs économistes, entrepreneurs et chefs d’entreprises assistèrent à cet atelier, afin de discuter ensemble de la voie à choisir pour redémarrer l’économie marocaine à court et moyen termes et pour repenser plus largement les options économiques du Royaume.

 

Sur un débat qui dura près de trois heures, plusieurs problématiques devant être adressées furent relevées. En premier lieu, la question du renforcement des infrastructures sanitaires à un niveau structurel fut abordée, tout en insistant sur la nécessité d’identifier les personnes dans le besoin. Par ailleurs, fut également mentionnée la nécessité d’amender le Modèle de développement du Maroc et de revenir à une souveraineté industrielle. La question de la transition numérique, visant à digitaliser l’économie fut elle aussi posée à plusieurs reprises par les différents participants, qui soulignèrent tous son importance. La problématique de l’intégration des travailleurs du secteur informel fut également pausée, et l’établissement de politiques visant leur intégration a été jugé indispensable pour une relance réussie.

 

Par ailleurs, les différents intervenants furent du même avis quant aux changements profonds que la crise en cours apportera à l’économie mondiale, et quant à la nécessité du Maroc de s’y adapter. Dans ce cadre, plusieurs options furent discutées, notamment la nécessité d’une reconfiguration des chaînes de valeur, le retour à un Etat protecteur plus interventionniste, la nécessité de réformes structurelles sur plusieurs secteurs (dont notamment le secteur de la santé) et la digitalisation générale de l’économie. Par ailleurs, fut souligné à maintes reprises l’aspect incertain de la crise en cours, qui risquerait d’impacter drastiquement tout projet de relance.

 

Pour la majorité des intervenants, le recours à une politique d’austérité aurait un impact néfaste sur l’économie, et la priorité devrait être donnée à une intervention générale au niveau de l’offre et de la demande, afin de relancer la consommation. Les participants au débat appelèrent également à plus d’actions en faveur des entreprises fortement impactées par la crise, notamment à travers le maintien et le renforcement des mesures en vigueur actuellement jusqu’à la fin de l’année 2020. Il est à noter que l’option de l’endettement fut remise en question, particulièrement par l’un des participant, qui avança que la pandémie n’est pas encore arrivée à sa fin, et qu’un retour à des mesures sanitaires très strictes, pouvant impacter l’économie est très probable. Au regard de cette continuation de la crise, cet intervenant a jugé que le Maroc risquerait – dans le cas où le Royaume choisi la voie de l’endettement – de ce retrouver dans une situation où il serait incapable de rembourser sa dette à temps. Dans cette optique, le même intervenant proposa l’idée d’une relance financée par le Fond National de Lutte contre la Covid-19.

 

En conclusion, l’interventionnisme de l’Etat dans l’économie impliquant une relance proactive et volontariste fut largement favorisé par la plupart des intervenants. Par ailleurs, l’idée de la construction d’un nouveau Modèle de société, basé sur la solidarité entre ses différentes composantes et un libéralisme modéré fut largement mise en avant. En outre, pour plusieurs intervenants cette crise pourrait permettre au Maroc de rattraper son retard structurel accumulé au cours des années. Enfin, fut largement soulignée la nécessité d’une révision de la politique monétaire, notamment à travers une injection de liquidités sur le marché, et le besoin d’une indépendance de l’industrie marocaine (ou d’une souveraineté industrielle) tout en restant ouvert sur le monde dans le cadre de la mondialisation.

Cette visio-conférence a connu la participation de :

Abdellatif Maazouz, Ancien Ministre du Commerce Extérieur, Président du Cercle des Économistes Istiqlaliens,
Abdou Diop, Directeur associé à Mazars.
Amine Laghidi, Viceprésident de l›ASMEX, Président de la Commission nationale du capital immatériel d›économie cognitive
Jamal Belahrach, CEO, DEO Conseil International
Meryam El Ouafi , Directrice Générale d’un complexe touristique
Nabil Adel, Enseignant chercheur et directeur du groupe de recherche en géopolitique et géoeconomie de l’ESCA Ecole de Management.
Tarik El Malki, Economiste et membre du Bureau politique de l’USFP
Brahim Fassi Fihri, Président Fondateur de l’Institut Amadeus
Ghassane Hajji, Chief Strategy Officer de l’Institut Amadeus

 

 

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