VISIONCONFERENCE : Souveraineté Industrielle du Maroc – Catalyseur d’un Nouveau Dynamisme

 

Le 12 juin 2020, l’Institut Amadeus a organisé un webinaire sous le thème : « La souveraineté industrielle du Maroc – catalyseur d’un nouveau dynamisme ». Cet événement a vu la participation de plusieurs personnalités marocaines dont Son Excellence Monsieur Fathallah Sijilmassi, ancien Ambassadeur du Maroc en France, Monsieur Mehdi Bensaid, Membre du Bureau politique du PAM, Ancien Président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Madame Latifa Elbouadlaoui, Directrice Générale du Centre Islamique pour le Développement du Commerce, Monsieur Hakim Marrakchi, PDG de Maghreb Industries, Monsieur Seifeddine Boudaya, Directeur Pôle Immobilier & Foncière de Mfadel Group et Monsieur Mohamed Benchekroun, Professeur à l’Université de Ningbo en Chine.  La discussion s’est déroulée à huis clos, selon le principe du Chatham House Rules.

Plusieurs points ont été discutés durant ce débat notamment :

La crise actuelle a engendré une réflexion globale sur la relocalisation des chaînes de valeur dans lesquelles le Maroc doit s’insérer. Ceci serait possible à travers la digitalisation et le développement de l’économie verte, pour ce faire, le Royaume est dans l’obligation de s’investir non seulement dans une stratégie d’industrialisation quantitative, mais également qualitative. Dans cette optique, l’Etat est encouragé à établir une structure – à l’instar de la Banque Publique des Investissements française – qui pourrait venir en aide aux PME-TPE.

Le Maroc souffre d’un important déficit commercial (plus de 45 Milliards de dirhams), dispose d’une productivité très faible et d’un marché réduit. Pour y remédier, la politique de l’offre doit être impérativement revue et la doctrine économique de l’Etat redéfinie. Un nouveau pacte social est à établir afin de revoir la compétitivité du travail.

Notre pays est donc appelé à s’inscrire dans une réflexion visant à élaborer une chaîne de valeur régionale, à l’instar de ce qui se passe dans l’ASEAN en Asie du Sud-Est ou entre la Turquie et l’Union Européenne. La technologie doit être intégrée de manière prioritaire dans cette réflexion, qui doit également se focaliser sur la définition des secteurs primordiaux. De plus, il faudrait renégocier les Accords de Libre-Echange (ALE) de manière à ce qu’ils soient plus avantageux pour le Royaume et pousser à plus d’intégration avec l’Afrique.

Le Royaume présente une grande opportunité pour la Chine et l’Europe. Ces dernières pourraient relocaliser leurs industries au Maroc afin de se rapprocher du marché africain. Mais afin de bénéficier pleinement de cette industrialisation et devenir plus compétitif, il faut réduire les couts du travail.

L’industrialisation peut être opérée à travers l’investissement dans les équipements (tels les pièces de voitures) ou dans les semi-conducteurs (tels les puces téléphoniques). Dans le cadre de la digitalisation et la redéfinition des chaînes de valeurs, ces deux secteurs sont de véritables enjeux du futur. Par ailleurs, dans un souci de mise à niveau des ressources humaines, la langue anglaise doit être plus intégrée dans les curriculum d’éducation marocains.

Pour une meilleure industrialisation, il faut encourager les banques marocaines à accepter des marges de risques plus élargies, afin de venir en aide aux startups. De plus, il est impératif d’intégrer la recherche et le développement dans la stratégie marocaine, et ceci afin d’être moins dépendant de l’exportation. La souveraineté industrielle ne pourrait pas voir le jour sans les points susmentionnés.

Dans le cadre de sa politique d’industrialisation, le Royaume a tout intérêt de se rapprocher de la Chine et de l’Asie en général. Le Maroc doit également mieux réguler son marché intérieur afin d’encourager l’innovation. Une politique de digitalisation est à définir, et le développement d’une compétitivité « verte » doit être opéré. Un équilibre entre le commerce intérieur et extérieur est à atteindre de manière graduelle, et ceci à travers des actions encourageant la productivité.

Enfin, le Maroc doit éviter de faire table rase des Accords de Libre-Echange et s’orienter vers la renégociation. Le Royaume doit s’inscrire dans la 4ème génération des ALE et intégrer les entreprises dans les négociations.

 

Cette visio-conférence a connu la participation de :

• Mehdi Bensaid, Membre du Bureau politique du PAM, Ancien Président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants,
• Seifeddine Boudaya, Directeur Pôle Immobilier & Foncière Groupe Mfadel,
• Latifa Elbouabdellaoui, Directrice Générale de l’ICDT (Centre Islamique pour le Développement du Commerce),
• Hakim Marrakchi, PDG Maghreb Industrie,
• Fathallah Sijilmassi, Ex Secrétaire Général de l’Union pour la Méditerranée, Ancien Directeur Général de l’AMDIE, Ancien Ambassadeur,
• Mohamed Benchekroun, professeur d’économie et de management à l’université technologique de Ningbo en Chine,
• Brahim Fassi Fihri, Président Fondateur de l’Institut Amadeus,
• Ghassane Hajji, Chief Strategy Officer de l’Institut Amadeus.

Partagez cet article sur :

Articles liés