CYCLE DE WEBINAIRES : LES SUDS FACE AU COVID-19 : DE LA GESTION DE CRISE À L’INDISPENSABLE DISRUPTION

 

 Cycle de Webinaires :
 

Les Suds face au Covid-19 : De la gestion de crise à l’indispensable disruption
 

Webinaire 2  : Contours d’une réponse unifiée des pays du Sud
 

Mardi 05 Mai 2020
 

 

Le mardi 5 mai 2020, l’Institut Amadeus a organisé, en collaboration avec la Fondation Dr. Laurent G. Lamothe, le deuxième webinaire de la série « Les pays du Sud face au Covid-19 : de la gestion de la crise à l’indispensable disruption ».  Le thème de ce webinaire, les « Contours d’une réponse unifiée des pays du Sud », a permis d’ouvrir la réflexion sur les stratégies communes que les pays en développement peuvent adopter face à la pandémie et à ses effets sanitaires, économiques et sociaux.

 

Ce webinaire, diffusé en direct et en intégralité sur la télévision nationale haïtienne, a connu la participation de personnalités de haut niveau, à savoir Son Excellence Monsieur Moussa Mara, ancien premier ministre du Mali, Son Excellence Madame Reckya Madougou, conseillère spéciale du Président du Togo et ancienne ministre béninoise de la microfinance et de l’emploi des jeunes et des femmes et Son Excellence Monsieur Bocchit Edmond, conseiller du président du Haïti et ancien ministre haïtien des Affaires étrangères. Cet évènement a également connu la participation de Son Excellence Monsieur Laurent Lamothe, ancien premier ministre d’Haïti et Président de la Fondation Louis G. Lamothe, et de Monsieur Brahim Fassi Fihri, Président fondateur de l’Institut Amadeus.

 

La discussion a été ouverte par un mot de Monsieur Lamothe, qui a mis en avant les efforts des pays du Sud dans la lutte contre la pandémie, en mettant l’accent sur le nombre limité de contaminations et de victimes, tout en soulignant la nécessité d’une stratégie commune entre ces pays. La parole a été ensuite donnée à Monsieur Fassi Fihri qui a évoqué la récession économique qui touche actuellement l’Afrique et les pays des Caraïbes, tout en appuyant la thèse que les pays du Sud doivent parler d’une seule voix dans la lutte face au nouveau coronavirus. Pour reprendre les mots du Président de l’Institut Amadeus, qui a fait référence à la Vision de SM le Roi Mohammed VI, « les Suds doivent faire confiance aux Suds », afin de faire face au Covid-19 et à l’ensemble de ses effets.

 

Les intervenants ont évoqué la question de la dette publique, notamment son annulation qui a été proposée par le président sénégalais Macky Sall et soutenue par le Pape François et le Président de la République Française Emmanuel Macron. Monsieur Brahim Fassi Fihri a été le premier à intervenir sur cette problématique, en préférant plutôt un moratoire avec une révision des taux d’intérêt plutôt qu’une annulation de la dette, une position que Son Excellence Monsieur Bocchit rejoint. L’ancien ministre haïtien a avancé qu’il serait « mieux de parler de renégociation des taux d’intérêt pour alléger le fardeau de la dette » que d’annulation, sous risque de se retrouver en situation d’insolvabilité. Monsieur Mara quant à lui se définit comme un supporter de l’annulation de la dette et explique que les marges d’endettement que celle-ci offrira aux pays ont le potentiel d’augmenter leur croissance. Cependant, l’ancien ministre malien n’a pas manqué de mentionner que cette annulation doit se faire au profit de l’Union Africaine, afin que celle-ci puisse financer des projets d’infrastructures et l’investissement dans l’énergie. Monsieur Lamothe, quant-à-lui, a présenté l’exemple de la république d’Haïti qui a bénéficié d’une annulation de sa dette suite au séisme de 2010, mais qui a aussi été privée d’accès au marché international privé pour une durée de 10 ans, freinant ainsi sensiblement son développement. Monsieur Lamothe a par ailleurs soutenu que si jamais il y a annulation de dette, celle-ci ne doit pas se faire au détriment de la capacité des Etats à être présent sur le marché international privé.

 

La discussion a aussi couvert les différentes initiatives ayant pour objectif l’adoption d’une stratégie commune. Monsieur Bocchit Edmond a présenté la nécessité d’une évaluation des structures sanitaires des pays du Sud et ceci dans le but de « repenser le budget national notamment en consacrant un pourcentage considérable pour la santé ». Madame Madougou quant à elle a mis en avant le rôle des regroupements internationaux tel l’Union Africaine dans la résolution de la crise en cours, notamment dans la convergence des points de vue encore différent, afin de définir un plan de réponse global sur court, moyen et long terme. Toujours dans le rôle des organisations internationales, Monsieur Mara a avancé que la gestion de la crise peut être divisée en différents volets dont la l’organisation peut être répartie par niveaux. Les questions de relance et de financement sont donc selon lui à traiter au niveau continental, notamment les questions de restructuration de la dette. Ainsi, pour l’ancien premier ministre malien, « il faut qu’on responsabilise l’Union Africaine sur les questions financières ». Au niveau régional, Monsieur Mara a avancé qu’il est nécessaire de gérer les questions sanitaires, notamment l’évaluation des besoins et le transfert d’équipements. Les propos de l’ancien premier ministre malien furent par d’ailleurs soutenus par Monsieur Edmond, qui a avancé l’hypothèse de l’instauration d’un système sanitaire mondial par le biais d’une conférence à l’image de celle organisée lors de l’établissement du système monétaire mondial, en 1944 à Bretton Woods. Le conseiller du président haïtien a proposé d’instaurer une « taxe de pandémie », à prélever notamment sur les billets d’avion, afin de financer l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour venir en aide au pays du Sud, une proposition qui a fait réagir Madame Madougou, qui a mis en avant l’importance de « s’assurer que les nouveaux systèmes ne reproduisent pas les erreurs des systèmes antérieurs ».   Pour la conseillère du président du Togo, il faudrait qu’un nouveau système puisse amener « plus de transparence et d’efficience dans la gestion des finances publiques africaines ».

 

Monsieur Fassi Fihri a invité Son Excellence Monsieur Youssef Amrani, Ambassadeur du Royaume du Maroc en Afrique du Sud, présent d’abord en tant que spectateur du webinaire, à interagir avec les panélistes. Selon l’Ambassadeur, «il faut saisir cette opportunité pour se détacher des modèles économiques inadaptés » et « travailler ensemble, dans la transparence et la solidarité » tout en injectant de l’humanisme dans les relations internationales afin de pouvoir faire face à cette crise.

 

En guise de clôture, Monsieur Laurent Lamothe et Monsieur Brahim Fassi Fihri ont rappelé les chiffres positifs qui indiquent une bonne gestion globale de la pandémie par les pays du Sud, notamment grâce à l’usage proactif de protocoles cliniques prometteurs. Par ailleurs, Monsieur Fassi Fihri a énuméré les différentes solutions prometteuses développées en Afrique face à la pandémie, tout en mettant en avant les résultats très positifs du Maroc, suite aux nombreuses mesures proactives et volontaristes édictées par SM le Roi Mohammed VI. Le Président de l’Institut Amadeus a fini par clôturer le webinaire en annonçant que « le temps est à l’optimisme, et à l’optimisme entre la coopération entre Suds ».

 

Retrouvez l’intégralité du webinaire en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

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