Discours d’ouverture de la conférence de lancement «Le développement socio-économique au Maroc : Soubassements d’un nouveau modèle inclusif et disruptif »

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Secrétaire d’État, Cher Othmane,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

L’événement qui nous réunit cet après-midi coïncide avec l’importante évolution structurelle de l’Institut Amadeus. Outre son nouveau siège, dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, l’Institut est dorénavant en capacité de développer et de proposer de nouveaux métiers.

En effet, après plus de 11 années d’existence, le temps est venu pour l’Institut de passer à une nouvelle étape de son développement. Fondé en 2008, l’Institut Amadeus, Think Tank marocain et indépendant, s’est positionné non seulement comme laboratoire d’idées, mais aussi comme un espace de réflexion et un créateur de débats par excellence.

L’Institut Amadeus a fait, après plus d’une décennie d’existence, le choix de devenir plus autonome, d’élargir son champ d’action et de diversifier ses activités, dans le but de répondre à des besoins en constante mutation et aux attentes d’un nombre croissant d’organismes et d’institutions, tant nationaux qu’étrangers.

Dans ce cadre, nous comptons capitaliser sur les acquis et sur notre expérience de Think Tank pour nous imposer en tant que « Do Tank », tourné vers l’opérationnel, et agir dorénavant aussi bien au niveau national qu’international.

Dans l’optique de la réalisation des objectifs nouvellement assignés, l’Institut Amadeus opère désormais dans les domaines du conseil, de la communication d’influence, de l’intelligence économique, de la réflexion stratégique, de la production d’évènements internationaux majeurs et de la formation ciblée.

Compte tenu de sa spécificité et de sa portée stratégique, le Forum MEDays, conservera son identité d’évènement non commercial ouvert au public et entretiendra sa vocation première de promotion et de mise en exergue des grandes orientations et des options choisies par le Royaume, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.

Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Le thème qui nous réunit aujourd’hui, à savoir la réflexion autour du Modèle de Développement de notre pays, revêt une importance capitale. Dans Son discours d’Octobre 2018, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, avait appelé à « l’élaboration d’une nouvelle approche, centrée sur la satisfaction des besoins des citoyens, apte à réduire les disparités et les inégalités existantes, à instaurer la justice sociale et territoriale, à suivre, en les intégrant, les évolutions de l’environnement national et international ».  Fin de citation.

C’est dans le cadre de cette dynamique que l’Institut Amadeus organise un cycle de conférences mensuelles sur des thématiques inhérentes à ce modèle de développement sous le thème : « Penser le nouveau modèle de développement du Maroc : la nécessité d’une approche intégrée et participative ».

La conférence de lancement, d’aujourd’hui, permettra, j’en suis convaincu, d’initier le débat et de poser les jalons de ce que pourrait être cette feuille de route qui, s’inscrivant dans le contexte des Directives Royales, devrait répondre de manière durable aux aspirations de la population marocaine en faveur d’une équité sociale et spéciale, d’une croissance soutenue et plus inclusive, ainsi que d’une gouvernance performante.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Depuis 1999, le Maroc a connu des progrès majeurs dans plusieurs domaines. Grâce aux réformes, à la politique des grands chantiers, et à la dynamique d’investissements, le Royaume s’est hissé au rang des pays les plus performants en Afrique et dans la région MENA. Il ne s’agit donc pas de réinventer le « modèle Maroc », mais plutôt de capitaliser sur ses avancées et d’adapter son modèle de développement au contexte et aux défis actuels. Autrement dit, il devient nécessaire de le faire évoluer en fonction de facteurs exogènes, donc des contraintes internationales actuelles, et de facteurs endogènes, donc des réalités internes, qui impactent notre pays.

Ce n’est donc ni une réinvention totale du modèle de développement, ni une construction nouvelle à partir de zéro, qui sont attendues aujourd’hui, mais plutôt son adaptation et son renforcement par le recours, ici ou là, à l’innovation, à l’audace et au dépassement des approches conventionnelles.

Cette évolution de notre modèle de développement se doit d’être multidimensionnelle. En effet, appréhender le modèle de développement du simple point de vue de la croissance économique, comme peuvent le faire certains, serait une erreur et une perte de temps.

En effet, et tel que l’a rappelé Sa Majesté le Roi, que ce soit dans Son discours d’Octobre 2017 ou dans celui d’Octobre 2018, le modèle de développement doit pouvoir répondre, de manière concrète et pérenne, aux inégalités sociales et territoriales notamment. Cette réflexion doit se faire avec sérieux, dans la sérénité, et sans surenchère partisane ou électoraliste, car le modèle de développement concerne tous les marocains, d’autant plus que l’inflexion de ce modèle provient d’une Initiative Royale.

Le débat autour de la réforme de l’éducation, ces dernières semaines, est l’exemple parfait de ce qu’il n’est pas souhaitable de reproduire : à savoir prendre en otage un secteur critique et stratégique à des fins politiques et partisanes.

A nous donc d’éviter les raccourcis démagogiques, les faux-débats, les fausses bonnes idées, les recettes miracles et la tentation, un peu trop facile, de sombrer dans un droit d’inventaire totalement contreproductif, d’autant plus que les problèmes sont identifiés, les maux sont connus et ont été recensés, avec lucidité, au plus Haut Sommet de l’Etat, depuis plusieurs années déjà.

Soyons pragmatiques et faisons-en sorte que le modèle de développement puisse être inventif, innovant, réaliste et réalisable, d’autant plus qu’il sera proposé par des marocains pour les marocains. La réadaptation du modèle national de développement ne sera pas un énième plan stratégique conçu par un cabinet de conseil étranger, déconnecté de certaines réalités nationales, qui sera brandit par nos responsables, tel un slogan publicitaire, au gré des conférences. L’évolution du modèle de développement sera, au contraire, enrichie, depuis plusieurs mois, par les contributions des principales forces vives de la Nation, ce qui lui confère une « autorité » de fait, une pertinence et une crédibilité importantes.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Le climat des affaires, bien que le Royaume soit de plus en plus attractif en matière d’IDE, reste encore difficile pour les TPPME marocaines qui, face à l’informel, face à des délais de paiements trop longs, face à une fiscalité contraignante, face à certaines incohérences bureaucratiques et face à des difficultés de financement, ne peuvent pas jouer pleinement leur rôle de créatrices de richesse.  Il faut, par ailleurs, renforcer les Métiers Mondiaux du Maroc (MMM) déjà performants et accélérer l’industrialisation et le développement des infrastructures sur l’ensemble du territoire national, tout en s’assurant de maîtriser la dette publique autant que faire se peut.

Les secteurs sociaux prioritaires doivent être abordés tels que celui de l’Éducation, de la Formation et de l’Emploi. La feuille de route récemment adoptée en termes de formation professionnelle est une avancée notable pour une meilleure valorisation du capital humain dans le cadre de ce remodelage attendu du modèle de développement.

Le secteur de la santé, pour lequel SM le Roi a récemment appelé à accélérer les réformes tout en souhaitant l’universalisation de la couverture médicale, est également de première importance dans le cadre du développement socio-économique du Royaume. Tout cela pour répondre aux attentes grandissantes et légitimes des citoyens marocains.

En somme, la réadaptation du modèle de développement ne correspond pas à un changement total de paradigme. Il s’agit plutôt d’une réflexion approfondie et d’un cheminement bâtis autour :

  • 1) de la capitalisation sur les différents acquis de notre pays ;
  • 2) de l’identification des points de blocages, qui ont notamment été mis en lumière dans l’ensemble des Discours royaux depuis 4 ans (fiscalité, informel, économie de rente, déséquilibre social et territorial, croissance non inclusive, bureaucratie, emploi, éducation, santé, justice, etc.) ;
  • 3) de la capacité à être inventif en proposant des pistes de solutions concrètes, crédibles, réalistes et opératoires, dans un certain nombre de secteurs, notamment à vocation sociale ou territoriale, prenant en compte les facteurs exogènes et endogènes qui pèsent sur notre pays.

Mesdames et Messieurs, chers amis,  

Comme annoncé, cette journée est une journée charnière dans la vie de l’Institut Amadeus, dans ses nouveaux locaux et dans le contexte de l’annonce de ses nouveaux métiers. C’est également une étape d’enrichissement d’approfondissement du débat autour de ce modèle de développement que plusieurs acteurs ou institutions ont déjà traité sous différents angles.

Je suis certain que nous pourrons faire preuve d’imagination, d’abnégation pour converger ensemble vers des propositions en faveur d’un développement durable du Maroc qui sera plus juste, plus efficace et répondra aux nombreuses attentes des citoyens. Faisons le pari, ensemble, de l’intelligence collective.

Je vous remercie de votre attention.

Brahim FASSI FIHRI

Président Fondateur de l’Institut Amadeus

Partagez cet article sur :

Articles liés