COVID 19 : Les réseaux sociaux s’emballent

La flambée de l’écosystème de la recherche en ligne et la montée en puissance des médias sociaux permet, lors des crises sanitaires, d’accéder immédiatement à l’information et de la partager avec les autres.

En effet, les sujets liés à la santé ont toujours été propices à la transmission d’information sur Internet, et le Coronavirus ne déroge pas à la règle.

De plus, dans le contexte de distanciation sociale actuel, les réseaux sociaux sont pour plusieurs un moyen efficace de communiquer avec le reste du monde, animés par le besoin de s’informer sur l’évolution de l’épidémie, ses conséquences socio-économiques et de faire connaître les moyens de prévention ou de traitement.

AU MILLIEU DES MESSAGES DE BIENVEILLANCE, L’IMMEDIATETE ET LE SPECTACLE PERMANENT CREENT UNE VERITABLE PSYCHOSE

L’anxiété, face à la grande crise sanitaire inédite provoquée par l’épidémie du Coronavirus donne naissance à un déferlement d’informations qui se répandent sur les réseaux sociaux plus vite encore que ne progresse le virus.

Entre « fake news », théorie du complot et  prédictions sur l’évolution de l’épidémie,  les plateformes sociales s’enflamment de ces nouvelles fallacieuses, hyper-diffusées, sans recul,  suscitant confusion et psychose générale.

Plus grave que la désinformation volontaire à travers la diffusion d’informations sorties de leurs contextes et au-delà de l’atmosphère « Baudrillardienne » qui plane sur la toile faisant croire à un complot ourdi contre l’humanité, l’embrouillamini d’informations entraîne des choix politiques hâtifs influencés par un monde digital, généralement en totale inadéquation avec les besoins réels d’une population en attente d’une véritable stratégie nationale de gestion de la crise du Coronavirus.

« Notre plus grand ennemi à ce jour, ce n’est pas le virus lui-même. Ce sont les rumeurs, la peur et la stigmatisation. » Déclare le Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et ancien Ministre de la Santé et des Affaires Etrangères d’Ethiopie, Monsieur Tedros Adhanom Ghebreyesus.

MOBILISATION GENERALE INEDITE POUR INHIBER L’INFODEMIE

Les autorités sanitaires en collaboration avec les réseaux sociaux les plus populaires se sont mobilisés avec une réactivité et un sens de l’engagement sans égal pour identifier les rumeurs les plus répandues et juguler la propagation des infox.

De la mise en place d’alertes invitant les internautes intéressés par le #coronavirus à consulter des sources fiables comme l’OMS, à l’interdiction de toute forme de publicité sur les vidéos reliées au Coronavirus en passant par la restriction de certains mots clés,  tous les moyens sont bons pour limiter les canulars et dissuader les utilisateurs de diffuser de fausses informations.

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook a annoncé récemment faire la chasse aux rumeurs concernant le Coronavirus et a offert des espaces de publicité à l’OMS pour donner la priorité aux déclarations officielles.

Dans ses efforts d’émettre l’information juste, auprès du plus large public possible, l’Organisation Mondiale de la Santé s’associe à Tik Tok, le  réseau social chinois le plus populaire chez les jeunes et diffuse des vidéos explicatives et des conseils fiables. Son compte Instagram présente également du contenu infographique indiquant comment se protéger contre le COVID-19.

AU ROYAUME CHERIFIEN COMME DANS LE RESTE DU CONTINENT AFRICAIN, LES GOUVERNEMENTS RENFORCENT LES DISPOSITIFS ANTI INFOX

Dans le cadre des mesures juridiques et institutionnelles de lutte contre les nouvelles tendances  criminelles numériques au Maroc, notamment en période dramatique de propagation du COVID-19,   le Conseil de gouvernement a examiné et adopté, le jeudi 19 mars dernier, le projet de loi 22.20 relatif à l’utilisation des réseaux sociaux, des réseaux de diffusion (streaming) et réseaux similaires. Le but étant d’intensifier les mécanismes de cette lutte sans pour autant porter atteinte à la liberté de la communication numérique, considérée comme une composante fondamentale de la liberté d’expression, garantie par la Constitution.

Rappelons que le débat sur la mise en place d’un socle juridique qui encadre l’utilisation des réseaux sociaux a commencé il y a deux ans, avec la vague de boycott visant quelques marques marocaines.

Ce projet de loi vient pallier aux lacunes juridiques en matière de dissuasion de tous les actes commis via les médias sociaux et similaires, tels que la diffusion de « fake news », de contenus électroniques illicites et certains cyber-crimes qui nuisent à l’honneur et à l’image des personnes et des mineurs.

Du Sénégal jusqu’en Afrique du sud en passant par la Tunisie, la Guinée ou le Zimbabwe, l’arme judiciaire semble être la seule solution face à la propagation des informations mensongères  qui fragilisent les dispositifs de lutte contre l’épidémie.

La circulation d’informations sur la chloroquine par exemple est transmise d’un cadre académique où le savoir est strictement codifié au large espace incertain des médias et réseaux numériques et se prolonge sur le marché informel, où les médicaments sont commercialisés sans contrôle et sans suivi de la part d’un professionnel de la santé sur leur toxicité.

Identifier les « fake news » concernant l’origine du virus, sa transmission, les remèdes traditionnels et les croyances populaires et y répondre efficacement en faisant valoir la justice, voilà à quoi ressemble les vrais défis des autorités de santé publique en Afrique.

LE PROGRES TECHNOLOGIQUE PEUT SE REVELER ENRICHISSANT EN PERIODE DE CRISE QUAND SON USAGE EST REFLECHI

Le monde a évolué depuis 2002, année où le SRAS est apparu. Les plateformes d’échange rapide d’information se sont décuplées et de nombreuses technologies, comme bioRxiv, ont vu le jour offrant aux scientifiques les moyens d’analyser les données massives et télécharger leurs articles scientifiques pour les soumettre à l’examen du public.

Les médias sociaux se révèlent d’une grande utilité pour les virologistes et les épidémiologistes du monde entier qui coordonnent leurs efforts et s’échangent les idées qui contribuent à faire avancer la recherche sur le COVID-19.

Les réseaux sociaux permettent, par ailleurs, de relayer les prises de parole et les initiatives des pouvoirs publics visant à diffuser une information objective et contrecarrer toute forme de désinformation.

Certains hauts responsables n’ont pas hésité à lancer le débat avec le grand public sur les réseaux sociaux et répondent aux critiques et rumeurs qui pourraient, en période de grande crise pandémique, ébranler la confiance des citoyens envers les mesures entreprises pour combattre la maladie.

Sans oublier la mobilisation de plusieurs jeunes artistes, humoristes, influenceurs et sportifs, à travers le monde pour relayer, avec créativité,  l’appel des autorités à rester chez soi et lutter contre la propagation du virus sous différents hashtags fort inspirants.

#propagel’infopaslevirus

#B9afdar

#Restecheztoi

#عاون_بلادك_خليك_فدارك

 


Mme Ihsane Guerbaz, est diplômée en Administration des Affaires à HEC Montréal avec une spécialisation en marketing.

Avec plus de 12 années d’expériences dans les métiers de la Communication, du Marketing et des Relations Publiques, Mme Guerbaz a cumulé les expériences en prenant en main la réputation de ses clients auprès de leurs collaborateurs, de leurs partenaires externes, institutionnels ou médiatiques et jusque sur les réseaux sociaux.

Mme Ihsane Guerbaz est Communication, Marketing & Partnerships Manager à l’Institut Amadeus