Tournant historique pour la diplomatie marocaine

L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Les Etats-Unis reconnaissent, à travers la signature par Donald Trump d’un décret présidentiel, la souveraineté légitime et complète du Maroc sur son Sahara. Les victoires diplomatiques successives du Maroc de ces derniers mois aboutissent à un résultat qui change complétement la donne au niveau régional, voire multilatéral. La plus grande puissance mondiale, membre permanent du conseil de sécurité de l’O.N.U, a pris une décision historique, qui pourrait mettre fin aux ambitions séparatistes illégitimes du front polisario et en même temps ouvrir la voie à une reconnaissance généralisée de la légitimité de la position Marocaine.

 

La décision du Maroc de tourner de manière définitive la page de la politique de la chaise vide, comme il l’a prouvé en reprenant sa place légitime au sein de l’Union Africaine démontre le bon fondement de la stratégie adoptée par SM le Roi Mohammed VI de chercher le changement à travers la négociation. Il ne pourrait y avoir de progrès dans les processus de résolution de conflit sans participation active à la recherche de solutions constructives.

 

Avec cette annonce vient aussi la reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël.

 

Ce choix souverain du Maroc de rétablir des liens diplomatiques n’est pas une normalisation avec l’Etat d’Israël, mais un retour à la politique qui a prévalu dans les années 1990 et ce jusqu’à la seconde Intifada en 2000. Cette décision s’établit fermement dans la continuité de la politique adoptée par feu SM le Roi Hassan II dans les années 1990, celle de jouer le rôle de médiateur positif dans la résolution du conflit Israélo-Palestinien.

 

Le Royaume du Maroc, à travers son histoire et ses traditions d’ouverture et de tolérance, peut jouer un rôle essentiel dans le processus de paix. Musulmans et juifs ont longtemps cohabité en paix au Maroc. Les liens séculaires et ancestraux qui unissent notre pays à la communauté Judéo-Marocaine n’ont jamais faiblis. La communauté juive persiste encore au Maroc, et il est estimé que plus de 50 000 israéliens visitent chaque année le pays pour retracer leur histoire d’origine et effectuer des pèlerinages au sein des nombreux lieux de culte que le Maroc a préservé et réhabilité. Le Royaume est le seul pays Arabe dont les citoyens juifs sont actifs au plus haut niveau de la société et du gouvernement, et le seul pays au monde qui donne accès à ses citoyens de confession hébraïque à des tribunaux rabbiniques pour traiter tout ce qui relève du droit civil.

 

La communauté Marocaine en Israël offre une opportunité rare de dialogue entre les peuples. Elle symbolise ce que les relations Arabo-Israéliennes pourraient être. De la cohabitation, du respect mutuel et peut-être même la possibilité d’une paix juste et durable dans des conditions satisfaisantes pour toutes les parties prenantes.

 

Car si les récents développements concernant notre Question Nationale sont positifs pour notre pays, ils ne réduisent en rien l’attachement du Maroc à la cause Palestinienne. SM le Roi Mohammed VI l’a d’ailleurs rappelé au Président Mahmoud Abbas en soulignant que le Royaume plaçait « la question palestinienne au même rang que la question du Sahara Marocain ». Le Maroc reste et restera un soutien inébranlable au peuple Palestinien, et veillera, à travers l’engagement personnel de Son Souverain, Président du Comité Al Qods, à ce que le respect de ses droits, à savoir la création d’un Etat viable, libre et prospère, soit la condition sine qua non de la résolution du conflit.

 


Yassine HERZENNI
 

Chargé d’études, Institut Amadeus