M. Said Mouline

  1. 1. Depuis Mars 2010, le CDER s’est transformé en Agence ADEREE,  quelles sont les nouvelles missions de cette agence ?

En effet, l’ADEREE est la transformation du CDER, créé en 1982, en agence des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. La raison principale d’une telle évolution et qu’en plus du développement des énergies renouvelables, il est important aujourd’hui de maîtriser la consommation d’énergie et d’atteindre ce que l’on appelle une meilleure efficacité énergétique.

En ce sens, l’efficacité énergétique est la maîtrise de la consommation d’énergie dans l’industrie, dans les transports et dans le bâtiment qui sont les trois secteurs les plus énergivores. Je remarque que ce sont les secteurs les plus concernés dans notre pays mais c’est également une vérité à l’international. Le Maroc étant un pays très dépendant énergétiquement, il est d’autant plus nécessaire de commencer à mieux maitriser notre consommation. Ne plus gaspiller, cela signifie procurer les même services mais en consommant moins d’énergie. Il y a plusieurs niveaux d’actions différents pour atteindre ce but : par le changement de comportement, le changement de matériel et enfin développer des énergies de substitution et c’est sur ce point précis que le renouvelable entre en jeu.

L’ADEERE  a pour mission d’accompagner le gouvernement sur deux missions. La première est d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le bilan énergétique. Les programmes porté au plus haut niveau de l’Etat ont déjà commencé dans le solaire.  Nous avons des objectifs chiffrés de puissance installée à l’horizon 2020 de 2000 MW dans l’énergie solaire, de 2000 MW dans l’éolien et de 2000 MW dans l’hydraulique. Les gros chantiers structurants et des plans directeurs volontaristes  ont été mis en place et c’est aujourd’hui un schéma par lequel le Maroc montre l’exemple en Méditerranée notamment.

Du côté de l’économie d’énergie, il nous est demandé d’atteindre 12% d’efficacité énergétique. Ce qui signifie qu’il est nécessaire de trouver dans les secteurs des transports, de l’industrie et du bâtiment, des formules pour aider les industriels à réduire leur consommation énergétique, tout en continuant leur production c’est à dire être plus efficace en terme de consommation d’énergie dans les différents secteurs. Cela nécessite parfois des accompagnements financiers, parfois des aides à l’investissement car en effet lorsque l’on parle des énergies renouvelables ou d’efficacité énergétique, la problématique est toujours la même : celle de l’investissement de départ.

L’autre volet d’action de l’agence c’est la communication et la sensibilisation. Il faut donc présenter et accompagner car lorsque l’on veut changer les comportements, il faut savoir démontrer le gain à investir plus à l’achat dès aujourd’hui parce que les factures énergétiques seront moindres demain. Nous apportons une aide pour inciter le citoyen marocain à se sentir concerné et lui faire comprendre qu’il a un intérêt à suivre cette voie.

  1. 2. Les énergies renouvelables auront vocation à assurer  la sécurité énergétique du Maroc, elles sont également l’occasion de créer un « green business» avec de nouveaux investisseurs étrangers, par la création d’emploi et la maitrise des nouvelles technologies.

Tous ces éléments sont ils facilitateurs pour assurer la stabilité économique du Maroc ?

Le Maroc n’est pas un gros émetteur de CO2 mais la prise en compte de la dépendance aux importations en énergies à 97 % du Maroc doit motiver à un effort dans la réduction des énergies conventionnelles. En effet, en cas d’augmentation des cours des matières premières, le Maroc aura une facture énergétique très importante qui reste difficilement supportable compte tenu des enjeux économiques et sociaux du pays. On comprend donc la pertinence et la nécessité pour le Maroc d’investir dans ces nouveaux projets prometteurs d’énergies renouvelables.

En 2008, la facture énergétique du pays était de 71 milliards de Dh. Et à titre de comparaison, le plan solaire marocain annoncé est de 70 milliards de Dh et sa réalisation est planifiée sur les dix prochaines années.

Maintenant, il y existe plusieurs façons de faire coïncider la sécurité énergétique et la stabilité économique du pays : l’évolution des technologies et la diminution des prix des renouvelables. En effet, dans certaines filières comme l’éolien, les prix deviennent vraiment compétitifs. D’un côté, le prix des énergies conventionnelles s’accroit et de l’autre le prix des énergies renouvelables diminuent, et le Maroc a fait le choix d’anticiper ce croisement. Pour se faire, un programme national a été pris avec une visibilité pour les industriels afin qu’ils puissent s’implanter, développer de l’emploi, développer un savoir faire marocain vu le potentiel de notre pays en solaire, éolien, hydraulique et côtières également.

Un schéma très volontariste est appuyé au plus haut niveau de l’Etat par une priorité orienté vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

  1. 3. Peut-on alors qualifier la stratégie verte du Maroc comme l’annonce d’un nouveau modèle économique ?

Oui, les programmes en lancement des projets d’énergie n’ont pas uniquement cette finalité. En effet, le fait que le développement des énergies renouvelables soit un programme national laisse entrevoir un nouveau modèle économique.

  1. 4. L’une des stratégies du Maroc est elle d’apporter son expertise et ses technologies vertes en Afrique dans les prochaines années ?

Sur le continent africain, peu de pays ont un réseau national électrique qui distribue de l’électricité sur l’ensemble de son territoire. Il y a donc des zones rurales qui n’ont pas accès au réseau électrique. Bien sur, Un groupe électrogène et un mini réseau pour alimenter les villages existent mais reste une solution provisoire. D’autres formules sont possibles pour électrifier les villages. L’approche décentralisée par des systèmes solaires individuels à l’instar de celle que nous avons développé au Maroc pour des milliers de foyers loin du réseau peut être développée. Concernant l’électricité de puissance, vu l’énorme potentiel hydraulique, solaire et parfois éolien dans plusieurs pays africains.  

Je crois qu’il y a un grand potentiel, qui nécessite des investissements, pour les pays africains à faire de l’électricité de puissance en terme d’éolien et de solaire. Le continent a largement la capacité d’être autonome alors qu’aujourd’hui encore de nombreux pays africains importent du pétrole ou du fioul à prix très élevé pour faire de l’électricité.

En effet, le Maroc peut apporter son expertise sur son expérience dans les énergies renouvelables et de nombreux projets seront  à mener ensemble.

  1. 5. Dans son plan solaire, Pourquoi le Maroc a fait le choix de combiner le développement du  thermo-dynamique et le photovoltaïque sur son territoire ? Ces deux mécanismes sont ils complémentaires et viables au Maroc ?

Oui, les deux filières du thermo-dynamique et du photovoltaïque sont complémentaires sur le territoire marocain. Et cette question fut l’objet d’un large débat.

Tout d’abord, dans le thermo-solaire plusieurs filières existent : parabolique, miroir de Fresnel, les tours à concentration… et dans le photovoltaïque il y a également de nombreuses filières. Le choix de l’une ou l’autre filière dépend des facteurs géographiques et des services à rendre à la compagnie électrique: l’ensoleillement, le besoin en eau, et le souhait de faire ou non du stockage après le coucher du soleil. Chaque filière apporte une plus value. Des sites seront davantage orientés photovoltaïque et d’autre plutôt thermo-solaire.


  1. 6. On parle beaucoup du solaire au Maroc, cependant l’énergie éolienne ne semble-t-elle pas plus prometteuse quant à sa durée dans le temps

N’entrons pas dans la logique de penser que l’éolien ou le solaire seront gagnants  l’un sur l’autre, puisqu’ils apportent un service différent.

L’important aujourd’hui est de préparer le stockage des énergies renouvelables afin de garantir un service permanent. Il est possible de prévoir une telle évolution dans l’éolien par le savoir faire de certains pays comme l’Allemagne, le Danemark, les Etats-Unis et la Chine qui témoignent un réel engouement  pour l’énergie éolienne.

L’évolution de l’éolien s’est faite plus rapidement que le solaire mais rien ne sert de les mettre en compétition car certains territoires ont plus de vent que de soleil et inversement. Et l’éolien est plus aléatoire que le soleil par exemple.

Il est clair que les deux filières vont de pair et sont complémentaires. Et à l’avenir, d’autres filières vont émerger : l’énergie côtière en est un exemple.

Nous sommes actuellement dans les prémices d’un changement dans l’utilisation des énergies. On estime que petit à petit les énergies fossiles vont commencer à diminuer leur part dans le bilan énergétique global. Mais, cela demande beaucoup de travail, des investissements et du temps : une période de cinquante ans sera utile. En effet, les grands projets annoncés aujourd’hui, comme Desertec, représenteront 15% de l’énergie européenne d’origine solaire en 2050. S’ouvre ainsi un nouveau processus.

  1. Les projets autant dans le solaire ou l’éolien sont ils rentables ?

Les coûts des investissements dans le solaire sont considérables. Auparavant on pensait qu’aucune parité au réseau n’aura lieu avant 2020-2030, c’est-à-dire que le coût unitaire de production par l’énergie solaire restera jusqu’à cette date supérieur au coût unitaire de production par les énergies fossiles. Certes certains indicateurs sembleraient nous montrer que la date à laquelle le solaire sera compétitif sera plus proche mais il s’agit d’une logique d’investissement de long terme.

Dans l’éolien, par contre, les coûts ont beaucoup baissés ces quinze dernières années, ce qui a encouragé la naissance au Maroc des projets privés éoliens (ndlr le Parc éolien de Lafarge) qui sont déjà dans un équilibre économique grâce aussi aux mécanismes de vente de carbone.

L’avantage,  lors des investissements dans les énergies renouvelables, est que le prix de l’énergie pour les vingt à trente prochaines années est connu car le soleil et le vent sont les carburants et qu’ils sont disponibles dans des quantités illimitées. Toutes les autres filières ne sont pas capables d’apporter de telles prévisions sur le prix des ressources. Par conséquent, il est intéressant pour les industriels d’investir dans les énergies renouvelables et cela rejoint les intérêts nationaux d’un pays comme le Maroc qui ne dispose pas de ressources fossiles.

  1. 8. La nouvelle centrale thermo-solaire d’Ain Beni Mathar, s’appuie en terme technologique sur  un cycle combiné au gaz naturel. Pourquoi ce choix ?

Le cycle combiné au gaz naturel est celui qui bénéficie du meilleur rendement. En effet son rendement est de 60% alors qu’avec une centrale thermique au charbon, le rendement n’atteint pas 30 %. Sans gaz ou combustible, une centrale thermo solaire, au coucher du soleil ne fonctionne plus.

La capacité d’Ain Beni Mathar est de 20 MW sur une centrale de plus de 400 W, c’est peu sur le projet mais c’est une introduction de cette filière dans notre pays et dans la région. Pour la mise en place de cette centrale, nous avons reçu un financement sous forme de don du Fond pour l’Environnement Mondial.

Parallèlement, la centrale de Tahaddart, au sud de Tanger est déjà en fonction. Le problème qui peut se poser est d’avoir les ressources nécessaires en gaz pour les faire tourner à plein régime. Nos centrales sont alimentées par le raccordement du gazoduc Maghreb-Europe dont le Maroc reçoit une redevance du fait que le gazoduc traverse son territoire[1]. Avec l’entrée en fonction de la centrale d’Ain Beni Mathar, la répartition du gaz disponible ou/et l’augmentation du gaz disponible sont des questions qui se posent. C’est pourquoi, aujourd’hui, un débat important sur la politique gazière du gouvernement est en cours[2]. Ce domaine de l’énergie reste une priorité nationale pour diversifier au maximum les ressources et ne pas dépendre que d’une ressource.

  1. 9. Les plans concernant l’énergie solaire au Maroc se concentrent pour la production d’électricité propre  à grande échelle. Où en est-on dans l’accessibilité aux chauffes eaux solaires pour les particuliers au Maroc  déjà présent dans de nombreux pays méditerranéens ?

Le programme PROMASOL qui avait été lancé par le CDER en 2002 est un exemple de plan conçu pour organiser la filière des chauffe-eaux solaires depuis l’agrément des installateurs jusqu’à la communication autour de cette nouvelle technologie. Notre problématique actuelle se résume à cette question : comment orienter le choix vers le chauffe-Eau solaire ? L’ADEREE a proposé au Fonds de Développement Energétique un accompagnement financier nécessaire, avec parfois un accompagnement à long terme et remboursable associé ou non à une subvention.

Notre proposition est que le prix soit identique lors de l’achat d’un chauffe eau électrique ou solaire. D’un côté, l’acheteur d’un chauffe eau électrique paiera des factures d’électricité, et celui qui a acheté un chauffe eau solaire paiera une mensualité pour un certain temps. Il est nécessaire de trouver les mécanismes pour que la mensualité soit la plus basse et la plus acceptable possible. En effet, l’investissement de départ est le plus important et il faut que cet investissement reste à la portée de la plus grande fraction de la population. L’accompagnement financier est utile pour inciter les marocains à investir dans le renouvelable et l’absence d’incitation en la matière explique le retard du Maroc par rapport à d’autres pays méditerranéens.

Les chauffes eau solaires ont vocation à être généralisés dans les projets de l’Etat et collectivités publiques et ceci par de nouvelles dispositions à mettre en place dans les cahiers des charges pour les promoteurs.

  1. 10. Et concernant l’avancée du cadre législatif et réglementaire en matière d’énergies renouvelables au Maroc, où en est-on ?

La loi relative aux énergies renouvelables est passée en 2010. Cette loi marque son importance car elle a pour but accélérer l’utilisation des énergies renouvelables et de faciliter les grands projets d’export de demain. Le Maroc a eu une démarche des plus volontaristes et nous attendons cependant toujours le décret d’application qui nous l’espérons sera prêt prochainement.

  1. 11. On parle beaucoup d’ « efficacité énergétique » notamment dans le secteur du bâtiment pour stopper le gaspillage d’énergie. Justement, à ce titre, les entreprises marocaines ont-elles commencé à effectuer leur propre bilan carbone et des audits énergétiques ?

Le bilan carbone englobe devient de plus en plus comme une nécessité pour les entreprises de le faire. En effet il est de plus en plus  souvent demandé par leurs clients. Et de grands groupes, comme l’Office Chérifien des Phosphates, ont commencés à  faire leur bilan carbone.

En ce qui concerne l’efficacité énergétique, deux éléments sont à prendre en compte, l’avant et l’après audit :

-d’une part, les entreprises ont besoin de connaître leur photo énergétique, quelle est leur réelle consommation et où se situe l’entreprise par rapport à une moyenne nationale et internationale dans leur secteur d’activité. Le rôle de l’ADEREE intervient aussi à ce niveau puisque l’utilisation du fond de développement de l’énergie pour accompagner financièrement les audits énergétiques a été sollicitée.

-D’autre part, l’audit énergétique préconise des solutions pour réduire le gaspillage d’énergie. Et la réalisation des conseils de l’audit nécessite parfois des investissements. L’ADEREE travaille sur un accompagnement financier lorsque le temps de retour sur investissement est long.

Des propositions réglementaires et législatives à ce sujet sont justement en attente.

La loi sur l’efficacité énergétique est en discussion au Parlement. Et des règles à observer pour des grandes compagnies énergivores sont prévues. Le luxe de gaspiller de l’énergie ne sera plus toléré surtout dans les grandes entreprises qui ont les moyens de réduire ce gaspillage. L’efficacité énergétique est une priorité et la mise en place des procédures à observer et des contrôles annuels est absolu.

On peut paradoxalement estimer que le Maroc a la chance que le coût de l’énergie soit élevé et que les entreprises soient sensibles à la facture énergétique. Elles sont par conséquent plus enclines à maitriser la consommation énergétique, un processus qui doit se généraliser.

Notre position est plus facile que d’autres pays, en ce qui concerne le prix de l’électricité ou du fuel, pour inciter au développement des énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. En revanche ce n’est pas le cas en ce qui concerne le gaz butane qui est largement subventionné pour des raisons sociales mais qui est détourné pour des applications industrielles ou agricoles.

  1. 12. A ce propos, comment le Maroc compte-t-il faire pour acquérir ce savoir faire ?

Depuis le protocole de Kyoto et avec l’accompagnement du Programme des Nations Unis pour le développement, des experts  marocains ont été formés et ont pu acquérir ce savoir faire. Aujourd’hui quelques cabinets spécialisés dans le bilan carbone existent sur le marché marocain.

Concernant l’efficacité énergétique qui est un domaine vaste et sectoriel, de grands groupes internationaux sont déjà implantés au Maroc et des bureaux d’études marocains travaillent dans ce domaine depuis plus de quinze ans. En effet, dans les années 85-90, un projet sur la gestion de l’énergie dans les entreprises a été initié mais a été laissé en suspend avec la baisse du prix de l’énergie.

Et à ce propos, l’ADEREE souhaite activement et résolument qu’il y ait une durabilité dans les projets et qu’on ne soit pas lié seulement au cours de l’énergie chaque année. Puisque une politique énergétique pérenne peut mettre 10 à 20 ans pour obtenir des résultats, il faut favoriser la réflexion de long terme et s’en tenir aux options stratégiques actuellement définies : favoriser l’efficacité énergétique et une plus grande place au renouvelable dans le bilan énergétique du pays.

  1. 13. Que prévoit le code de l’efficacité énergétique pour inciter le consommateur marocain à acheter plus durable? Peut-on espérer voir naître de futurs labels dans les différents secteurs y compris le bâtiment ?

Un des volets important est que le client sache ce qu’il  achète en terme de consommation d’énergie, que ce soit un appartement, un frigidaire ou une voiture.

Autant dans la voiture, tous les marocains demandent combien elle consomme car l’acheteur est sensible quand le prix à la pompe est élevée.

Et le même reflexe est à adopter pour l’achat de n’importe quel article qui utilise de l’énergie ou n’importe quel foyer.

Lorsque de l’achat d’un appartement, la question de la consommation énergétique du bâtiment doit être demandée. Cette démarche doit impérativement entrer dans les mœurs  et la mission de l’ADEREE est d’informer l’acheteur sur la consommation d’énergie de chaque appareil ou foyer. En effet, un label marocain est en discussion pour les frigos (A, B, C, D, E) associée à un programme de récupération des vieux frigos. En effet, le problème est que les frigos usagés, ceux qui consomment le plus, se retrouvent souvent chez les clients les plus pauvres mais qui auront une facture énergétique importante. En suivant cette logique, seuls les plus riches peuvent bénéficier des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique car lorsque vous avez les moyens financiers, l’investissement à l’achat est possible. L’ADEREE doit accompagner les investissements de départ ce qui nécessite des fonds.

Dans le bâtiment, on parle de label et de la mise en place d’un classement. Un code est en préparation avec le Ministère de l’Habitat pour classer les habitats. Un contrôle des promoteurs et des bâtiments construits ont besoin d’un contrôle  plus approfondi. Une certification est prévue en collaboration avec le Ministère de l’Habitat.

  1. 14. Peut-on espérer voir un éco quartier au Maroc ?

Certains quartiers se sont déjà octroyé ce nom. Est-ce qu’ils le sont réellement ? Et d’abord qu’est ce qu’un éco-quartier ?  C’est un quartier ayant des espaces verts, le respect des ramassages des déchets, la gestion des eaux usées,  des constructions respectueuses de l’environnement, une mixité sociale.

A Rabat, nous avons eu la « journée de la Terre» faisant de la capitale une ville verte. Rabat a en effet une démarche mais elle n’a pas encore de station d’épuration des eaux usées (elle l’aura bientôt), en attendant les eaux usées sont encore rejetés en mer, des espaces verts ont été réhabilités, des transports en commun améliorés avec le projet phare du tramway. Quant à la mixité sociale au sein d’un quartier, cela nécessite une approche liée aux politiques gouvernementales. L’aménagement urbain et donc les plans directeurs d’aménagement des villes dépendent du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. Il ne faut surtout pas sous estimer ce volet qui est extrêmement important surtout lorsqu’on  évoque le terme de développement durable. Nous espérons par ailleurs qu’un effort sera fait en matière d’efficacité énergétique dans les logements sociaux. Le Ministère de l’habitat est tenu par une logique de prix pour rester sur les logements accessibles. Cependant, des surplus de consommations d’énergie seront à prendre en compte pour le bien être des habitants, n’oublions pas que si nous construisons des logements sociaux mal isolés ou utilisant des chauffe eau électriques ou à gaz, ce seront les factures de chauffage de gens modestes qui devront payer ce gâchis énergétique. En cela la politique d’efficacité énergétique dans le bâtiment doit être aussi une politique sociale.

Propos recueillis par Mathilde Darras Sadik,  chargée d’études,

centre d’analyses et publications, Institut Amadeus


[2] Sur ce point lire l’entretien avec Francis Ghilès, juin 2010, publié par l’Institut Amadeus http://www.www.amadeusonline.org/fr/actualites/entretien-du-mois/entretien-du-mois.html