Les boucs émissaires parfaits !

Il me semblait totalement ridicule de répondre à ces violents propos pour ne pas avoir à me rabaisser à ces diatribes de caniveaux, mais aussi pour discréditer, par mon silence, l’ensemble de ces visées.  Je me contentais de réagir, ici ou là, sur les critiques faites à l’encontre de l’Institut Amadeus en misant sur le fond, malheureusement souvent délaissé par nos détracteurs, qui par excès de populisme et/ou par manque de lecture objective se sont toujours limités à condamner nos activités uniquement parce que je suis « le fils de mon père » !

Taxé de toutes les caricatures : « pistonné », « arriviste », « inculte », « affairiste » ou encore plus grave « traître » et « sioniste », j’étais convaincu que la meilleure réponse à cette adversité serai de continuer à travailler, à produire et à progresser dans la sérénité en les ignorant.

Aujourd’hui la « propagande médiatique anti Fassi Fihri » a eu raison de l’objectivité de certains citoyens marocains qui ont, malheureusement, à force de matraquage médiatique, gobé toutes ces insanités et cru à tous ces mensonges et ces montages perpétrés à des fins politiques. De ce fait, j’ai décidé de répondre une fois pour toutes à ces « marchands informels du sensationnel ».

A l’image de toutes les familles marocaines, la famille Fassi Fihri est composée de membres représentant toutes les couches sociales, la défavorisée, la moyenne et l’aisée. Chacun, selon sa persévérance, ses compétences et ses ambitions s’est inscrit dans l’une des trois couches sociales.

La « propagande médiatique anti Fassi Fihri » s’est focalisée sur ceux appartenant à la classe sociale aisée en ignorant les autres membres de la famille. Les détracteurs présentent ces gens, appartenant à la classe politique et intellectuelle du Royaume du Maroc, par un terme usité habituellement pour désigner un groupe mafieux, « l’Octopus Fassi Fihri », sans aucune distinction de leurs fonctions et en ont fait un groupe monolithique et diablement uni.

Leur ignorance ne permet point de séparer la fonction publique de l’appartenance politique, Messieurs Taieb et Ali Fassi Fihri n’ont aucune appartenance politique et ont effectué l’ensemble de leur parcours dans la fonction publique, les autres sont principalement regroupés dans le Parti de l’Istiqlal. Que l’on soit haut fonctionnaire public, nommé pour ses compétences et son ancienneté, ou homme politique, élu du peuple, ceci ne change rien à leur perception, seul compte le dénigrement, même l’affiliation, qu’ils présentent de certains membres de la famille, est complètement erronée. Monsieur Othman Fassi Fihri, cousin lointain, est présentée tantôt comme le fils de Monsieur Abbas El fassi, tantôt comme le frère de Messieurs Taieb et Ali. Et cette ignorance est volontaire puisqu’elle permet de multiplier le nombre de tentacules de « l’Octopus Fassi Fihri ».

Je désire m’attarder sur la légitimité de certains membres de la famille Fassi Fihri, souvent remise en cause par cette « pseudo presse ». Elle affirme que les membres de la famille Fassi Fihri ont tous été « placés » par Monsieur Abbas El Fassi depuis qu’il a été nommé Premier Ministre par Sa Majesté le Roi. Elle préfère ignorer que ces membres de la famille occupant aujourd’hui des postes de responsabilité, étaient déjà en fonction ministérielle ou publique bien avant le gouvernement de 2007. Cette corruption de la généalogie est totalement abjecte. Combien d’ « arbres » complètement farfelus nous avons vu fleurir dans cette même presse ?

Je rappelle que le Ministre Taieb Fassi Fihri, le père dont je suis très fier, a gravi l’ensemble des échelons du Ministère des Affaires Etrangères depuis près de 30 ans. Il a été nommé Secrétaire d’Etat dans le Gouvernement Karim Amrani en 1993. Puis reconduit dans les deux Gouvernements successifs d’Abdellatif Filali de 1995 et 1997. Il quitte le gouvernement en 1998 et intègre le Cabinet Royal où il devient conseiller diplomatique de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II. En 1999, il intègre de nouveau le gouvernement en tant que Secrétaire d’Etat. En 2002, il devient Ministre délégué. En 2007, et après 9 ans de cohabitation avec Mohamed Benaissa, où il est considéré par de nombreux observateurs comme le pilier de ce ministère, il est nommé Ministre des Affaires Etrangères. Rappelons aux ignares que la nomination du Ministre des Affaires étrangères est souveraine.

Je pourrai aussi dresser le CV élogieux de Ali Fassi Fihri ou d’autres membres de cette famille, mais nul besoin d’éclairer la lanterne de ces incongrus et les médias professionnels et avertis les connaissent déjà.

Enfin, sur mon cas personnel, j’aimerai démentir avec forces toutes les théories qui circulent sur le fait que j’ai été « parachuté » par mon père et le par le Premier Ministre à la tête de l’Institut Amadeus.

Je réponds à ces « analyses » de bas étages, que j’ai, d’abord, créé en 2005 avec un groupe d’étudiants marocains à l’étranger, « l’Association Amadeus », qui visait alors, en plus de promouvoir une image jeune et dynamique du Maroc, à mettre en place un groupe de réflexion autour des problématiques auxquelles faisait face notre pays. Fort de cette expérience associative et de mon parcours personnel, j’ai co-fondé en 2008 l’Institut Amadeus, dont le but initial était d’apporter une réelle contribution au débat et à l’analyse géostratégique et géoéconomique dans notre pays, mais également dans son environnement immédiat.

L’indépendance politique de l’Institut Amadeus a été démontrée. Nous sommes au service du Royaume du Maroc et de ces citoyens et non au service d’un quelconque parti.

En trois années d’existence, et malgré toute la campagne de discréditation médiatique, l’Institut Amadeus est aujourd’hui reconnu au niveau international comme un « laboratoire d’idées » crédible, et comme l’un des principaux think tank en Afrique et dans le monde Arabe. Nous avons noué des partenariats avec les principales institutions internationales et notre contribution à la réflexion et à l’analyse des problématiques internationales est réelle. Notre expertise est de plus en plus sollicitée à travers le monde, et le rayonnement à l’international de nos activités est incontestable. Nous sommes également une force de propositions puisque nombreuses de nos recommandations sont prises en compte par les décideurs internationaux. Si ces réalisations ne suffisent pas à nos détracteurs locaux, elles nous permettent aujourd’hui d’avoir une légitimité auprès de nombreuses organisations et institutions.

Ces mêmes détracteurs, toujours dans leurs logiques permanentes de destruction de notre image, avancent que l’Institut Amadeus « profite » des largesses de l’Etat pour financer ses activités. Ils vont même jusqu’à souligner l’opacité de notre financement. Malgré une justification totale et complète des ressources de l’Institut, qui est une association à but non lucratif, malgré la publication annuelle de notre rapport moral et financier, qui justifient la transparence de notre fonctionnement et l’origine de nos financements, ces accusations s’accentuent. Je suis même très souvent « accusé de me faire de l’argent sur le dos de l’Institut Amadeus ».

Je souhaite également revenir sur les graves accusations de corruption contre ma famille. Ces accusations se propagent comme une trainée de poudre sur internet. Les Fassi Fihri, sont accusés de « piller » le Maroc en toute impunité. Nous sommes qualifiés de « Mafia » et de plus en plus comparés à la fameuse famille affairiste tunisienne « Trabelsi ».

Je ne m’ « abaissera » pas à justifier la totale intégrité reconnue des membres de ma famille,  mais seulement condamner ces accusations.

Les Fassi Fihri sont jetés en pâture pour justifier tous les maux de ce pays, et plus particulièrement le clientélisme et le népotisme. Cette instrumentalisation appelant à la haine ainsi que l’horreur de ces insultes, représentent un réel danger pour notre société et notre socle social, qui n’est pas sans rappeler les accusations contre une certaine catégorie en Europe de la fin des années 1930.

J’aimerai également exprimer toute mon indignation devant de tels réquisitoires, qui n’ont d’autres objectifs que de stigmatiser une famille honnête, qui a toujours été connue pour son patriotisme, sons sens du devoir, sa dévotion envers la Monarchie et le Royaume et son intégrité la plus totale.

Alors pourquoi veut-on faire des Fassi Fihri des boucs émissaires ?

Dans un contexte de revendications sociales et politiques légitimes, doublé d’une atmosphère politique lourde, où la guerre des tranchés est lancée entre différents clans proches du sérail, la concentration des responsabilités détenue par la famille Fassi Fihri en fait une cible parfaite. Les fonctions de ses membres les exposent aux médias et donc à ce titre ils représentent une catégorie visible et critiquable à souhait. Malheureusement cette famille ne possède pas suffisamment de ressources pour se défendre et se protéger de ces attaques médiatiques.

La concentration des membres d’une même famille au sein de la haute fonction publique est exceptionnelle et peut engendrer une certaine caricature, mais quand elle dépasse le cadre de la critique et met en danger la sécurité des personnes, la situation devient grave.

En tant que responsables les Fassi Fihri sont bien sur critiquables sur leur bilan, leur rôle est de rendre des comptes sur leur action gouvernementale, mais dans le cadre d’instruments démocratiques et non pas dans celui d’un lynchage organisé.

Certes, c’est avec un certain regret appuyé que je déplore cette «propagande médiatique anti Fassi Fihri» qui néanmoins n’entravera nullement ma marche en avant, celle de l’Institut que j’ai l’honneur de présider, et très probablement celle des membres de ma famille, parfaits boucs-émissaires.

Brahim Fassi Fihri

Président de l’Institut Amadeus